programmation

IDEM

 création collective — Les Sans Cou 

Une prise d’otage dans un théâtre. Sous le choc, la mémoire d’un acteur français, Julien Bernard, vole en éclat. Sans repères, l’amnésique intègre le groupe des terroristes. Son épouse, Elisa, inquiète de sa disparition, part sur sa trace, perd en route la raison, mais elle est bientôt relayée par sa fille Sam, en quête de la présence vitale de son père.
Autour de cette cellule familiale, gravitent de nombreux personnages aussi inquiétants que mystérieux. Qui sont ces gens qui suivent Julien, l’entourent, le perdent ? Ce chauffeur de taxi qu’il rencontre partout et qui n’est jamais tout à fait le même ? Cet écrivain fantôme qui s’est emparé de son énigme pour en faire un best-seller ? Ce médecin qui étudie la schizophrénie ? Et qui est vraiment, ce Julien Bernard, qui, à force de ne rien savoir de son véritable passé, finit par endosser le costume bleu électrique d’une vedette underground ?
Cette chronique où, dans le même souffle, se mêlent le grotesque et le sublime, traverse différents endroits de la planète, sur une période de vingt ans, et concentrent sous une forme épique les questionnements liés à l’identité universelle des êtres humains. Cette quête du “qui nous sommes” est aussi symptomatique d’une époque où l’information et les images circulent trop vite, où la tentation est violente de s’abandonner au jeu des masques et des subterfuges. Ce portrait fragmenté ne reflète-t-il pas les incertitudes et les préoccupations de toute une jeune génération à la recherche du rôle et de la partition dont elle a besoin pour exister et se construire dans le monde et dans l’Histoire ? 

 

vendredi 4 nov. 20h30
durée 3h (entracte compris) 
avec Pass Théâtrales 10 €

Théâtre Romain Rolland
18 rue Eugène Varlin 94800 Villejuif
01 49 58 17 00

MÉTRO 7 Villejuif –Paul Vaillant-Couturier + 7 min. à pied
BUS 162 ou 185 

mise en scène Igor Mendjisky
costumes May Katrem
scénographie Claire Massard et Igor Mendjisky
avec Clément Aubert, Raphaèle Bouchard, Romain Cottard, Yedwart Ingey, Paul Jeanson,
Imer Kutllovci, Arnaud Pfeiffer,
 et Esther Van Den Driessche
régie générale et création lumières Stéphane Deschamps
régie son et vidéo Yannick Donet
régie plateau Jean-Luc Malavasi
animation 2D Cléo Sarrazin
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production Les Sans Cou
coproductions Théâtre du Beauvaisis à Beauvais (Scène nationale de L’Oise en Préfiguration) / Théâtre du Nord (CDN Lille Tourcoing – Nord-Pas de Calais)
avec le soutien de la DRAC Île de France et de l’ADAMI
remerciements Théâtre Louis Aragon – Tremblay / Théâtre Jean Arp – Clamart Scène conventionnée / Théâtre Firmin Gémier-La Piscine – Chatenay Malabry / Théâtre 13 / Studio-Théâtre d’Asnières / Théâtre de la Tempête – Cartoucherie
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Texte paru chez Actes Sud
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crédits photos Simon Gosselin 

INUK

 création collective — Cie L'unijambiste 

C’est l’histoire d’une disparition, ou plutôt de plusieurs disparitions : celle d’une banquise de plus en plus liquéfiée par le réchauffement planétaire, celle d’animaux qui n’y trouvent plus les moyens de leur survie, celle d’une région colonisée et exploitée à des fins industrielles, celle d’une langue qui se perd avec les ancêtres, celle de croyances et de contes qui s’éteignent sous l’emprise de l’Occident.
Sans suivre de trame narrative précise, les séquences s’enchaînent comme autant d’instants d’une vie modeste, qui résiste tant bien que mal à la vitesse, aux bruits et aux fureurs d’une mondialisation galopante. Elles s’attachent à montrer le quotidien là-bas : la pêche, la navigation, les gestes de la vie dans un paysage gelé, mais aussi le travail précis et précieux des scientifiques carottant cette terre. Emmitouflés dans leur doudoune rouge, masqués parfois de têtes de phoques, d’ours polaires ou d’autres animaux des grands froids, les silhouettes, isolées dans cette immensité bleue piquée d’étoiles vives et sous des ciels parcourus d’effluves incandescentes, n’incarnent personne en particulier. Leurs mots sont ceux d’Inuits anonymes, réels ou imaginaires. Ils disent le quotidien du Nunavik, ils semblent lutter de toutes leurs forces contre des vents contraires. Le tout entrecoupé de témoignages audio et filmés, notamment quelques extraits du fameux documentaire de 1922, Nanouk l’esquimau, signé Robert Flaherty.
Dans la langue, Inuit n’est rien d’autre que le pluriel d’Inuk, et Inuk signifie “l’Homme”. Un titre parfaitement trouvé. Car, à travers l’histoire de ce peuple gagné par une lente dissolution, c’est celle des hommes qui se joue, celle d’une Humanité tout entière oublieuse de son inscription dans la Nature, et qui risque fort de le payer demain. 

 

dimanche 6 nov. à 16h 
durée 1h
avec Pass Théâtrales 8 € 
(représentation supplémentaire le lundi 7 nov. à 9h30) 

Centre Culturel Aragon-Triolet
1 place du Fer à Cheval 94310 Orly
01 48 52 40 85

RER C Orly-Ville + 10 min. à pied BUS 183

 

mise en scène et scénographie David Gauchard
avec Emmanuelle Hiron, Nicolas Petisoff et L.O.S.
avec la participation de Julie Lalande
texte et musique Arm
Vidéo & graphisme David Moreau
lumière Claire Debar-Capdevielle et Mika Cousin
son Klaus Löhmann
direction technique Christophe Rouffy 

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production L’unijambiste
coproductions Espace Malraux — Scène nationale de Chambéry et de la Savoie / Espace Jean Legendre — Scène nationale de l’Oise en préfiguration / Théâtre de Villefranche-sur-Saône / Théâtre de l’Union — Centre dramatique national du Limousin / Festival des Francophonies en Limousin / La Filature — Scène nationale de Mulhouse / Maison des Arts — Scène nationale de Créteil et du Val de Marne / Le Grand Bleu — Lille / Centre dramatique régional de Tours – Théâtre Olympia avec le soutien de l’Institut Français – Région Limousin
compagnie associée à l’Espace Malraux — Scène nationale de Chambéry et de la Savoie, en résidence à l’Espace Jean Legendre – Scène nationale de l’Oise en préfiguration, et conventionnée par la Région Limousin et par le Ministère de la Culture et de la Communication DRAC Limousin
David Gauchard est artiste coopérateur au Théâtre de l’Union – Centre dramatique national du Limousin 

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crédits photos Thierry Laporte 

JAMAIS JAMAIS !

 d'après Peter Pan de James Matthew Barrie 

Peter Pan aurait-il le syndrome de “l’enfant triste”, un être figé dans la genèse de sa vie qui, pour surmonter un traumatisme psychique trop violent, deuil, accident, abus, abandon, divorce brutal, n’a pas d’autre issue que de s’inventer un autre soi-même. Mais, dans le fond, qui n’a pas rêvé, dans des circonstances difficiles, d’être cet autre encore intact, qui, grâce à ses pouvoirs surnaturels, pourrait affronter tous les dangers et s’affranchir de sa souffrance.
Jamais jamais !, c’est l’heure d’avant les rêves, où l’imaginaire prend racine dans l’espace naissant de la nuit, cet espace étoilé où surgit justement cet enfant rebelle et résistant qu’est Peter Pan. Ici, il y a un dortoir, avec des lits, des polochons, des édredons, des draps. Il y a cinq adultes qui, pour échapper à une réalité oppressante, retrouvent une âme enfouie sous les strates du temps et vont se lancer dans des aventures fantasmagoriques où tout se métamorphose en bateau pirate, maison souterraine et lagune des sirènes. Cris d’abordages et ballades rock : l’enfant qui ne veut pas grandir s’envole avec Wendy et ses frères vers Neverland.
Avec eux, les ombres s’animent, les objets se meuvent, les êtres volent. Dans ce théâtre sensitif, images de synthèse, images filmées, film d’animation à l’encre de gravure sur verre et illusions d’optique bouleversent les perceptions, changent les repères. Et c’est l’essence de l’enfance qui refond le regard, qui écarte les limites du réel pour mieux le réinventer. 

 

dimanche 6 nov. à 16h 
durée 1h10
avec Pass Théâtrales 10 € 
(représentation supplémentaire le lundi 7 nov. à 10h et 14h30) 

Nouvel Espace Culturel Charentonneau
107 avenue Gambetta 94700 Maisons-Alfort
01 58 73 43 03

METRO 8 Maisons-Alfort Stade + 7 min. à pied
BUS 107, 217 ou 372 

conception et mise en scène Jérémie Sonntag et Florian Goetz
adaptation Jérémie Sonntag, Florian Goetz et Viviane Gay
interpétation Viviane Gay, Florian Goetz, Romain Lalire, Paul Levis et Lisa Sans
création musique, son Paul Levis
création vidéo Émilie Villemagne / 1minute69
création illusions, magie nouvelle Romain Lalire
création séquences animées Agnès Patron
création et régie lumières Thierry Alexandre
construction décors et accessoires Demis Boussu
régie son Maxime Vincent
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production les arpenteurs de l’invisible
coproductions Cie Patte Blanche, Casino Théâtre de Rolle
avec le soutien de la Drac Île-de-France, Adami, Spedidam, Région Nyon et l’aide du Centre d’Art et de Culture de Meudon, de l’Espace George Simenon de Rosny sous Bois, du Théâtre de Jouy le Moutier, du Centre Culturel de Taverny, et de l’Escale-Service Culturel de Melun
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crédits photos Gilles Rammant 

RIQUET d'Antoine Herniotte 

Ce Riquet-là n’a pas de houppe. Dans ce Riquet sans houppe, ce sont les femmes qui choisissent leur futur mari, et on peut être aussi une princesse sans forcément avoir un prince. On a le droit de refuser la volonté de son père et la prédestination qu’il veut imposer de force. Dans ce Riquet-là, la beauté ne se définit pas, son dictat est mis à mal, celle objective et plastique n’existant pas, relative dans sa définition selon les époques et les civilisations. La vraie beauté est celle que l’on porte en soi, elle pourrait s’appeler aussi “intelligence”, à condition qu’elle soit au service de pensées dignes et nobles. Riquet, c’est aussi un peu le metteur en scène, Laurent Brethome, qui fut un adolescent obèse atteint de troubles obsessionnels compulsifs. Il avoue avoir traversé une adolescence douloureuse, souffre-douleur de ses camarades, parce qu’il était juste différent. L’enfance est parfois cruelle. Dès qu’on ne se fond pas dans le moule, dès qu’on n’est pas habillés comme il se doit avec des habits de marque à la mode, que l’on n’a pas la même couleur de peau, on est mis à part, on est exclu. Le texte, écrit par Antoine Herniotte, s’amuse des stigmatisations et des déboires de ce bouc émissaire, de la première de la classe et de la reine de beauté. À l’épreuve de leurs rencontres, c’est la distinction entre l’apparence et l’essence des choses qu’ils vont devoir éprouver. Pour que naisse l’amour, il faudra envisager l’autre et soi-même, non pour ce qu’il paraît, mais pour le devenir qu’il porte en lui. Car tout est affaire de projection. Un mur de papier blanc sert ainsi de support au live painting, peinture en direct, d’un décor en perpétuelle évolution. Riquet, tout en conservant sa dimension fabuleuse, est d’abord un conte d’aujourd’hui, un conte pour tous, dont les trois figures domptent leur fatalité afin de choisir leur avenir. Son écho dans notre environnement façonné par des médias plus que jamais normatifs s’avère particulièrement nécessaire et édifiant.

 

mercredi 9 nov. à 15h 
durée 1h
avec Pass Théâtrales 6,5 € 
(représentations supplémentaires le mardi 8 nov. à 10h et 14h) 

Grange Dîmière - Théâtre de Fresnes
Ferme de Cottinville, 41 rue Maurice Ténine 94260 Fresnes
01 49 84 56 91 

​RER B Croix de Berny + TVM
RER B Antony + Bus 286 ou 396
METRO 4 Porte d'Orléans + Bus 187

adaptation libre du conte Riquet à la Houppe de Charles Perrault
mise en scène Laurent Brethome
avec Yasmina Remil, François Jaulin et Dominique Gubser
live painting Jean-Baptiste Bazin
interprétation musicale Benjamin Furbacco
assistants à la mise en scène Anne-Lise Redais et Simon Alopé
créateur graphique et plasticien Louis Lavedan
créateur son Antoine Herniotte
créateur lumière David Debrinay
assistante à la création lumière Clémentine Pradier
scénographe et costumier Rudy Sabounghi
régie générale Clémentine Pradier
sous le regard bienveillant de Joël Jouanneau
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production La Fabrique de Dépaysement
production exécutive Les Scènes du Jura — Scène nationale
production déléguée tournées 15-16 et 17-18 LMV — Le menteur volontaire
coproductions Les scènes du Jura — Scène nationale / Théâtre Am Stram Gram — Centre international de création pour l’enfance et la jeunesse de Genève / Château Rouge — Scène conventionnée d’Annemasse / Scènes de Pays dans les Mauges — Scène conventionnée “Artistes en territoire” / Le menteur volontaire
LMV — Le menteur volontaire est une compagnie théâtrale en convention avec le Ministère de la Culture et de la Communication — DRAC Pays de la Loire, la ville de La Roche-sur-Yon et le Conseil régional des Pays de la Loire. Elle reçoit également le soutien du Conseil général de Vendée.
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crédits photos Christophe Raynaud de Lage 

BLANCHE NEIGE OU LA CHUTE DU MUR DE BERLIN de Métilde Weyergans et Samuel Hercule d’après les histoires de Blanche-Neige

Elisabeth, hôtesse de l’air, élève seule Blanche, sa belle-fille, dont la mère est morte quand elle était au berceau et dont le père, trapéziste, a largué les amarres depuis longtemps déjà pour travailler dans un cirque en URSS. Nous sommes en 1989, et toutes les deux vivent au dernier étage d’une cité HLM située à l’orée d’un bois. 
Elisabeth rentre harassée de son travail, et tout en se regardant dans le miroir, décèle les griffes du temps et la fuite irrémédiable de sa jeunesse. Son reflet magique lui avoue que Blanche, joli papillon tout juste sorti de sa chrysalide, est bien plus belle qu’elle... La jeune fille, quant à elle, est une belle et rebelle ado, enfermée dans son monde, qui regarde la vie et sa belle-mère en faisant des bulles de chewing-gum, son walkman collé aux oreilles. Éprise d’indépendance, elle finit par fuguer dans le bois voisin où elle rejoint Abdel, son prince charmant. La vie à deux n’est donc pas toujours simple : entre malentendus et tensions, disparition et inquiétude, l’histoire reprend les éléments phares du conte en les projetant dans le monde de la Guerre Froide : les sept nains volés dans les jardins des quartiers résidentiels, la pomme empoisonnée, pomme d’amour envoyée à la jeune Blanche par son père, le miroir de la salle de bain dans l’appartement...
Comme dans tous ses spectacles, La Cordonnerie aime prendre des libertés avec des histoires connues de tous, mélanger le mythe et le réel, marier cinéma et spectacle vivant. Les images filmées de la vie d’Elisabeth et de Blanche sont doublées et bruitées en direct sur le plateau. Ce mélange entre le bricolage artisanal du théâtre et la réalisation cinématographique permet de jouer sur un réalisme légèrement décalé, d’où émergent le merveilleux, l’irrationnel, la poésie.
Ce Blanche-Neige s’affirme comme un conte urbain émouvant, dénonçant les modèles féminins donnés aux jeunes filles, et analysant avec une grande acuité les relations parfois déconcertantes entre des enfants qui grandissent libres et des parents qui s’évertuent à entretenir le lien. 

 

mercredi 9 nov. à 15h 
durée 1h15
avec Pass Théâtrales 8 € 
(représentations supplémentaires le mardi 8 nov. à 14h30, mercredi 9 nov. à 10h et jeudi 10 nov. à 14h30) 

Théâtre Jean Vilar
1 place Jean Vilar 94400 Vitry-sur-Seine
01 55 53 10 60 

​RER C Vitry-sur-Seine + BUS 180 
METRO 7 Porte de Choisy + BUS 183 
METRO 7 Villejuif – Louis Aragon + BUS 180
METRO 8 Liberté + BUS 180

mise en scène Samuel Hercule et Métilde Weyergans
musique originale Timothée Jolly
assistante à la mise en scène Pauline Hercule
voix, bruitages Samuel Hercule et Métilde Weyergans
piano, toy piano, philicorda Timothée Jolly
batterie, guitare, percussions, cloches Florie Perroud
création son Adrian Bourget
régie son Adrian Bourget et Éric Rousson
création lumière Johannes Charvolin
régie générale et lumière Johannes Charvolin et Sébastien Dumas
régie plateau Marylou Spirli
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production La Cordonnerie
coproductions Théâtre de la Ville – Paris / Le Manège de Reims – Scène nationale / Nouveau théâtre de Montreuil – Centre dramatique national / Théâtre de Villefranche-sur-Saône / Maison des Arts – Scène nationale de Créteil et du Val de Marne / Théâtre de St-Quentin-en-Yvelines – Scène nationale / Le Granit – Scène nationale de Belfort
avec le soutien de La Région Rhône-Alpes et de la SPEDIDAM
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crédits photos Sébastien Dumas 

HIKIKOMORI, LE REFUGE de Joris Mathieu

Hikikomori, littéralement en japonais “le repli sur soi”, est une psychopathologie sociale. Ce phénomène caractérise des individus, souvent des adolescents, en prise à des difficultés pour appréhender leur environnement et la pression qui en découle. Ils font alors le choix de la réclusion, le plus souvent dans leur chambre, chez leurs parents, limitant leurs sorties aux stricts besoins vitaux, ou pour dissimuler leur situation à leurs proches.
C’est ce qui arrive à Nils, un jeune lycéen qui, décide subitement de se dérober à toute relation humaine, en se cadenassant dans sa chambre. Son père et sa mère se retrouvent alors impuissants et désemparés, cherchant chacun à leur manière une brèche dans la porte close que leur oppose leur enfant. Du début à la fin de la pièce, les parents évoluent de part et d’autre d’un écran géant sur lequel se projettent les rêves et les craintes de leur fils.
Ce théâtre, à la croisée de la littérature, des arts plastiques et des nouvelles technologies, laisse toujours un espace d’interprétation aux spectateurs et les appelle à déployer leur propre lecture à partir de ce qui est montré, ou pas. La signification des images varie selon les mots qu’on y associe. Fidèle à cette idée, la mise en scène expérimente trois versions à partir d’une même partition scénique. Par l’intermédiaire de casques audio marqués par des pastilles rouges, vertes, jaunes, trois degrés de compréhension possibles sont proposés. Pour les plus jeunes, l’approche privilégie le conte philosophique, à travers l’itinéraire d’un enfant en quête d’un refuge qui lui permettrait de s’abriter des assauts du monde extérieur et de laisser libre cours à son imaginaire. Avec les préadolescents, le récit embrasse la dimension sociale liée à l’environnement, notamment la relation avec les parents, et le désir qui pointe de s’en extraire, d’affirmer son indépendance. La version destinée aux plus grands se projette dans le futur, à une époque où être Hikikomori est devenu un phénomène de mode à l’échelle planétaire, où chacun vit désormais isolé dans une réalité alternative. 

 

mercredi 9 nov. à 20h 
durée 1h
avec Pass Théâtrales 10 € 
(représentation supplémentaire le jeudi 10 nov. à 10h) 

Pôle Culturel d’Alfortville
Parvis des Arts 94140 Alfortville
01 58 73 29 18 

​RER D Maisons-Alfort / Alfortville + 7 min. à pied 

écriture et mise en scène Joris Mathieu en compagnie du collectif artistique Haut et Court
avec Philippe Chareyron, Vincent Hermano et Marion Talotti
dispositif scénographique Nicolas Boudier, Joris Mathieu
création sonore Nicolas Thévenet
régisseur son Nicolas Thévenet et Mathieu Vallet
création lumière Nicolas Boudier
régisseur lumière Jean-Michel Gardiès
création et régie vidéo Loïc Bontems et Siegfried Marque
régisseur plateau Didier Hirth
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production Théâtre Nouvelle Génération — Centre dramatique national de Lyon
coproduction Le Grand R - Scène nationale de la Roche-sur-Yon
avec le soutien du Noûs ensemble de lieux partenaires du projet artistique triennal du Théâtre Nouvelle Génération — Centre dramatique national de Lyon : l’Espace Jean Legendre / Théâtre de Compiègne / Scène nationale de l’Oise en préfiguration / le Merlan — Scène nationale de Marseille / l’Hexagone — Scène nationale Arts Sciences de Meylan / le T-U de Nantes et le Lieu Unique — Scène nationale de Nantes
avec le soutien de la Région Rhône-Alpes dans le cadre de l’APSV

le collectif artistique Haut et Court est artiste associé au Grand R — Scène nationale de la Roche-sur-Yon
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crédits photos Nicolas Boudier 

L'ABATTAGE RITUEL DE GORGE MASTROMAS de Dennis Kelly

Gorge est un bon petit garçon, un adolescent sympathique et un jeune homme honnête. Jusque-là, Gorge a toujours fait ce qui était convenable sur le plan moral. Seulement, Gorge a toujours été du côté des perdants. Jusqu’au jour où il rencontre l’occasion unique : son employeur est au bord de la faillite et c’est à Gorge de choisir, ou le sauver ou le sacrifier. Il comprend les rouages du système qui l’entoure et il en adopte la logique opportuniste, afin d’obtenir ce qui le hante obsessionnellement : le pouvoir et l’argent. Il découvre que l’on peut tout avoir par le mensonge. Il va peu à peu sacrifier sa propre humanité pour s’enrichir sans vergogne. Gorge éprouve une liberté totale en agissant dans la dévastation, au mépris du monde, en accomplissant sans limites ce qui lui plaît, jusqu’à devenir un monstre, un individu corrompu et sans éthique, richissime et seul, très seul.
Avec un humour corrosif, Dennis Kelly pose la question de la place de la morale dans nos vies, et pose la question essentielle de la responsabilité face à la liberté. Il fait tomber les masques et remplace les apparences trompeuses par la réalité. Autopsie de l’égoïsme néolibéral, portrait du cynisme en marche débarrassé de tout principe éthique, cette épopée noire, écrite dans une langue acérée, crue, urbaine, fait fortement écho à notre société dite “décomplexée”, où les salauds ne se cachent plus, où la corruption et l’immoralité sont contagieuses, et où la bêtise, portée par l’ignorance, se dissimule sous le masque d’une démagogie généralisée.

 

mercredi 9, jeudi 10, vendredi 11, lundi 14, mardi 15, mercredi 16, jeudi 17, vendredi 18 nov. 20h30
samedi 12 et samedi 19 nov. 16h et 20h30
durée 1h40
avec Pass Théâtrales 10 € 

Théâtre-Studio
16 rue Marcelin Berthelot 94140 Alfortville
01 43 76 86 56 

​METRO 8 École Vétérinaire + 10 min. à pied (ou bus 103) 
BUS 103, 125, 325, 24

mise en scène Maïa Sandoz
traduction Gérard Watkins
avec Adèle Haenel, Aurélie Vérillon, Paul Moulin, Serge Biavan, Gilles Nicolas, Maxime Coggio et Christophe Danvin
assistante mise en scène Clémence Barbier
création son Christophe Danvin
scénographie Catherine Cosme
collaboration Artistique Paul Moulin et Guillaume Moitessier
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production Théâtre de L’Argument
coproductions Théâtre de Rungis / Théâtre des Quartiers d’Ivry — Centre dramatique national du Val de Marne / C.C.A.S. / Centre dramatique d’Orléans Loiret Centre
avec l’Aide à la production de la DRAC Île-de-France, le soutien du Jeune Théâtre National, du Théâtre Studio d’Alfortville, du Théâtre Paris Villette et du T2G
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© L’Arche Éditeur — www.arche-editeur.com L’Arche est éditeur et agent théâtral des pièces représentées
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crédits photos Danica Bijeljac 

UN DEMOCRATE de Julie Timmerman

“Imaginons qu’on sache tellement de choses sur les gens, qu’on leur souffle des rêves avant même qu’ils les aient rêvés. Imaginons qu’on puisse coloniser leurs jours et leurs nuits... Quel vertige ! Imaginons que le véritable pouvoir réside là : tout savoir sur tout le monde.”
Eddie vend du savon. Eddie vend des pianos. Eddie vend du bacon. Non, Eddie ne vend pas : il fait en sorte que les gens achètent. Son père voulait qu’il soit marchand de grain. Mais Eddie sème des graines d’un autre genre : du genre qui s’implante dans l’esprit des Hommes, et y endort le libre-arbitre. Car Eddie a compris très tôt ce qui faisait courir les Hommes : les pulsions profondes qui sont les vrais moteurs de leurs actions. Il sait où appuyer, quels leviers actionner, quelles cloches faire sonner, et le citoyen devient un consommateur docile qui achète, vote, part à la guerre – librement, croit-il. Eddie fait fortune à New-York quand partout c’est la Crise, et ses méthodes se répandent dans le siècle. Elles arrivent jusqu’aux oreilles du chef de la propagande nazie, qui les met en pratique. Eddie est horrifié de l’apprendre car Eddie est un démocrate : son “gouvernement invisible” a pour but de préserver la Démocratie. Sans guide, les Hommes sont des bêtes. Eddie meurt paisiblement à 103 ans, avec le sentiment du devoir accompli. Il a vendu des cigarettes, des Présidents des États-Unis et des coups d’État de la CIA, et il laisse derrière lui un Système de manipulation des masses qui s’est imposé partout. Que reste-t-il de la Démocratie ?
Eddie n’est pas un personnage de fiction. Il s’appelait Edward Bernays, c’était le neveu de Freud, et son Système a transformé le monde. 

 

jeudi 17, vendredi 18, samedi 19, jeudi 24, vendredi 25, et samedi 26 nov. 20h
dimanche 20 et dimanche 27 nov. 16h 

durée 1h30
avec Pass Théâtrales 13 € 

Théâtre Antoine Vitez 
1 rue Simon Dereure 94200 Ivry-sur-Seine 
01 43 90 11 11 

​METRO 7 Mairie d’Ivry + 3 min. à pied 
RER C Ivry-sur-Seine + 10 min. à pied 
BUS 125, 182, 323 ou 132 

texte et mise en scène Julie Timmerman
avec Anne Cantineau, Mathieu Desfemmes, Julie Timmerman
et Jean-Baptiste Verquin

dramaturgie Pauline Thimonnier
scénographie Charlotte Villermet
lumière Philippe Sazerat
musique Vincent Artaud 
costumes Dominique Rocher
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en partenariat avec le Théâtre des Quartiers d’Ivry — Centre dramatique national du Val-de-Marne
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production Idiomécanic Théâtre
coproductions Ville d’Orly — Centre culturel Aragon Triolet / Fontenay en Scènes — Fontenay-sous-Bois / Théâtre des 2 Rives de Charenton-le-Pont
avec le soutien de la Drac d’Île-de-France — Ministère de la Culture et de la Communication et du Conseil départemental du Val de Marne dans le cadre de l’aide à la création
coréalisations Théâtre de l’Opprimé et Gare au Théâtre

en résidence de création à Lilas en Scène
lecture dans le cadre de la Piste d’envol au Théâtre du Rond-Point
avec le soutien du Théâtre 95 et de la Maison des Métallos
texte accompagné par le collectif A Mots Découverts
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crédits photos ferrantraite — iStockPhoto 

IL FAUT BEAUCOUP AIMER LES HOMMES de Marie Darrieussecq

Solange, la trentaine, vit à Los Angeles, où elle est actrice. Elle tombe follement amoureuse d’un acteur noir, Kouhouesso. Certes, ils s’aiment, mais Solange n’est pas la raison de vivre de Kouhouesso, qui est habité par une grande idée : réaliser un film adapté de Au cœur des ténèbres de Conrad. Solange, elle, n’a qu’un projet : vivre son histoire avec son amant. Elle va le suivre dans cette aventure, jusqu’au bout du monde : à la frontière du Cameroun et de la Guinée Équatoriale, au bord du fleuve Ntem.
Dans Il faut beaucoup aimer les hommes, l’écrivaine, Marie Darrieussecq, observe cet homme noir et cette femme blanche se débattre dans l’avalanche de clichés qui entoure les couples qu’on dit “mixtes”. Elle s’attache avant tout à raconter l’histoire d’un malentendu dans le monde édulcoré et fictionnel du cinéma, une quête d’authenticité au sein d’un univers où le paraître et l’hypocrisie font bon ménage au détriment des sentiments. Pour s’emparer de cette écriture frondeuse et provocante, le collectif Das Plateau utilise une écriture scénique totale dans laquelle son, musique, espace, image, corps, présences et texte se rencontrent, chaque discipline étant envisagée en elle-même, dans son intégrité et son pouvoir sensuel spécifique, et cela sans hiérarchie prédéterminée. L’espace du plateau, mouvant, sonore, cinématographique, s’emploie à faire émerger le paysage mental de Solange, à la fois son angoisse et son désir du masculin, qu’il soit noir ou blanc. Ici, l’altérité radicale renvoie à ce qu’être femme veut dire.
Et cela passe par la passion, une passion invivable sans réelle réciprocité, une maladie, une forme d’amour pathologique, qui empêche de vivre. Solange est entrée dans une forme de vertige. Elle crée sa propre catastrophe. Si “aimer”, c’est aimer celui qui est là, la passion veut toujours celui ou celle qui échappe. Il faut que ça s’arrête... Il faut beaucoup aimer les hommes, titre emprunté à une réflexion de Duras, est une tragédie contemporaine qui noue cette déflagration intime au drame social du racisme. 

 

vendredi 18 nov. à 20h30 
durée 2h20
avec Pass Théâtrales 10 € 

Pôle Culturel d’Alfortville
Parvis des Arts 94140 Alfortville 
01 58 73 29 18 

​RER D Maisons-Alfort / Alfortville + 7 min. à pied

conception et écriture du projet Das Plateau : Jacques Albert, Céleste Germe, Maëlys Ricordeau et Jacob Stambach
mise en scène et réalisation Céleste Germe
texte additionnel et scénario Jacques Albert
composition musicale et direction du travail sonore Jacob Stambach
avec Cyril Gueï et Maëlys Ricordeau
assistante à la mise en scène Audrey Cavelius
scénographie James Brandily assisté de Fanny Benguigui
création lumière, régie générale, régie lumières Olivier Tessier
création lumières vidéo Robin Kobrynski
régie son et image Adrien Kanter
chef opérateur image Diego Governatori
montage image David Daurier
régisseur général tournage Patrick Epapé (Cameroun)
écriture et direction du chœur Élisabeth Wood (Berlin)
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production Das Plateau
coproductions et résidences Comédie de Reims — Centre dramatique national / CNDC-Théâtre Ouvert
avec le soutien de la Région Île-de-France / Centre dramatique national d’Orléans Loiret Centre / Pôle Culturel d’Alfortville / Centre Boris Vian – Les Ulis
soutien en résidence La Ferme du Buisson – Scène nationale de Marne-la-Vallée / Montévidéo / Marseille – Festival Actoral / Le Carreau du Temple
avec l'aide à la production de la DRAC Île-de-France, la participation du DICRéAM, le soutien du Conseil départemental du Val-de-Marne dans le cadre de l'aide à la création, le soutien d'Arcadi Ile-de-France, l'aide de la Ville de Pariset du soutien du Fonds de dotation POROSUS
Das Plateau est artiste associé au Carreau du Temple et de la Comédie de Reims, est accueilli en résidence au Pôle Culturel d’Alfortville et membre du collectif de compagnies 360
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texte publié chez P.O.L éditeur (2013)
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crédits photos Das Plateau 

 

C'EST (UN PEU) COMPLIQUE D'ETRE L'ORIGINE DU MONDE création collective - Les filles de Simone

C’est (un peu) compliqué d’être l’origine du monde raconte ce qu’est être une jeune maman aujourd’hui, de ce moment où la femme apprend qu’elle est enceinte après avoir uriné sur un test, en passant par le baby blues, les nuits sans sommeil jusqu’à la logistique stressante de la garde d’enfant. Largement autobiographique, la pièce met en scène deux personnages-comédiennes étant passées par le parcours de combattantes qu’impose la maternité. Tout commence forcément par l’exclusion du projet théâtral en cours : après avoir informé le metteur en scène qu’elle est enceinte, l’actrice se voit exclue du travail créatif. Puis il y a les visites chez le médecin, qui prescrit, interdit, rabote dans tout ce qui peut faire plaisir à la mère, cela “pour le bien de l’enfant”. Puis c’est au tour de la gourou new-age de distiller ses précieux conseils : pas de péridurale, manger son placenta, huile essentielle de pépins de raisin sur les reins aux premières contractions... Et comme si la vie n’était pas assez compliquée ainsi, il y a les autres, les figures tutélaires, toutes ces femmes, Simone de Beauvoir en tête, qui ont donné leur avis sur ce qu’est être mère, les “pour” et les “contre”. Il y a aussi la grand-mère du nouveau-né, l’avant-dernière génitrice dans l’arbre généalogique, omniprésente, accaparante, abusive. Où donner de la tête ? Comment ne pas devenir folle ?
Mêlant astucieusement sphère publique et sphère privée, la pièce saute fébrilement d’un registre à l’autre pour décrire un cheminement émouvant qui passe par des corps qui se déforment, des moments de panique, des situations trash désarmantes. Avec beaucoup d’autodérision, ces actrices s’opèrent vivantes de leur propre expérience, remettant en cause la sacro-sainteté de la maternité et osant un aveu d’impuissance et de désarroi, qui tient judicieusement en équilibre entre invraisemblance cocasse et réalité angoissante. 

 

 
durée 1h10

avec Pass Théâtrales 10 € 
vendredi 18 nov. 20h30 
samedi 19 nov. 20h30 
Théâtre Gérard Philipe 
54 boulevard du Château 94500 Champigny-sur-Marne 
01 48 80 05 95  

​RER A Champigny + BUS 208A 
RER E 
Villiers-sur-Marne – Le Plessis-Trévise + BUS 308 

​avec Pass Théâtrales 11 € 
vendredi 25 nov. 21h 
Sud-Est Théâtre 
21 avenue Carnot 94190 Villeneuve-Saint-Georges 

01 43 89 54 39   
​RER D Villeneuve-Saint-Georges + 5 min. à pied  
BUS K, J1 ou J2 

Les Filles de Simone Claire Fretel, Tiphaine Gentilleau et Chloé Olivères
avec Tiphaine Gentilleau et Chloé Olivères
lumières, régie Mathieu Courtaillier
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production Les Filles de Simone
coproduction Créat’Yve
Soutien à la production Le Prisme — Centre de développement artistique de Saint-Quentin-en-Yvelines
avec le soutien du Théâtre de La Loge / de La Compagnie du Rouhault / de La Cuisine/Soy Création / Des Deux îles, résidence d’artistes – Montbazon / du Théâtre du Rond-Point
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texte publié chez Actes Sud-Papier
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crédits photos Giovanni Cittadini Cesi 


 

 

UNE CARMEN EN TURAKIE de Michel Laubu

La Turakie est un bien étrange pays, absent des cartes du monde, peuplé de personnages insolites fabriqués le plus souvent à partir d’objets usés, entreposés dans les remises et les garages, abandonnés dans les rues ou rejetés sur les plages. Il arrive qu’on y croise une cantatrice égarée, un personnage échappé d’un livret d’opéra... “On est des archéologues, on récupère tout ce qui traîne dans l’arrière-boutique de la mémoire.”
Une cArMen en Turakie est une tentative d’opéra détourné. L’œuvre de Georges Bizet s’y transforme en un formidable terrain d’aventures où les marionnettes et les objets bricolés ont pris le pouvoir. Étonnamment, l’action se situe en milieu marin au large de l’île de Sein, non loin d’“ArMen”, ce phare emblématique qui résiste aux tempêtes les plus dangereuses et les plus spectaculaires. Placée sous ces auspices, Carmen se comportera-t-elle en véritable cœur de pierre ? Déchaînera-t-elle des passions amoureuses aussi voluptueuses que tragiques ?
Dans cet opéra de poche où les monstres marins donnent de la voix, les rôles sont tenus par des marionnettes à taille humaine, et les interludes sont joués par un orchestre miniature de crustacés. La partition revisitée, qui alterne enregistrements, extraits sonores et musique live, est à l’image de ce théâtre d’oripeaux, d’objets récupérés, de copeaux d’imaginaire et de bribes de rêves.
Tout ici acquiert une densité fantaisiste et poétique, et le décalage permanent, nourri par une pauvreté choisie, ouvre un champ sémantique nouveau à ce que sont, de toute éternité, les amours contrariées. 

 

samedi 19 nov. 20h30  
durée 1h20 
avec Pass Théâtrales 8 € 
(représentations supplémentaires le vendredi 18 nov. à 9h30 et 14h30) 

Centre Culturel Aragon-Triolet
1 place du Fer-à-Cheval 94310 Orly
01 48 52 40 85  

RER C Orly-ville + 10 min. à pied 
BUS 183 

d’après l’opéra de Georges Bizet
écriture, mise en scène, scénographie Michel Laubu 
en complicité avec Emili Hufnagel
adaptation musicale, bande son, réalisation des films d’animation Laurent Vichard
dramaturgie Olivia Burton
création lumière Christian Dubet
assisté de Carolina Pomodoro
avec Michel Laubu, Emili Hufnagel ou Magali Jacquot, Patrick Murys, Marie-Pierre Pirson, Laurent Vichard, Pierrick Bacher ou Audric Fumet
musiciens sur la bande son Loïc Bachevillier, Rodolphe Burger, Jeanne Crousaud, Pierre Desassis, Véronique Ferrachat, Maxime Legrand, Raphaël Poly, Fred Roudet, Laurent Vichard et la chorale de l’école des Adrets sous la direction de Valérie Cordier
chanson Love I obey (W. Lawes) par Rosemary Standley & Helstroffer’s Band
régie générale et plateau Fred Soria
régie son et vidéo Hélène Kieffer
régie lumière Carolina Pomodoro
construction marionnettes, animation des figurines des films Emmeline Beaussier et Géraldine Bonneton
construction accessoires Charly Frénéa, Joseph Paillard et Fred Soria
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production Turak Théâtre
coproductions Le Bateau Feu – Scène nationale de Dunkerque (+aide à la résidence) / Théâtre des Célestins – Lyon / MC2 – Grenoble / Le Volcan – Scène nationale du Havre / Comédie de Saint-Étienne – Centre dramatique national / Espace Malraux – Scène nationale de Chambéry et de la Savoie / Théâtre Renoir – Cran Gevrier / Château Rouge – Annemasse
avec le soutien des Subsistances-Lyon 
le Turak est en convention avec le Ministère de la Culture et de la Communication – DRAC Rhône-Alpes et la Région Rhône-Alpes, et est subventionné par la Ville de Lyon.
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crédits photos Romain Étienne – item 

MARGUERITE ET MOI (Duras libre parole) d’après des témoignages, entretiens radiophoniques et télés de Marguerite Duras 

Marguerite Duras est là, bien que la comédienne, Fatima Soualhia-Manet, ne cherche pas à l’imiter. L’interprète semble habitée par les objets familiers de Marguerite : la pile de livres, l’abat-jour pour écrire, le verre de whisky, le transistor pour écouter Hervé Villard, le “camion” en jouet bleu. Habitée par les cris d’enfants jouant sur la plage de Trouville, habitée par les mots chargés d’humour et de simplicité quand elle parle de cuisine et de bains de soleil, des mots provocateurs quand elle reconnaît que “non” elle n’admet pas que l’on pense autrement qu’elle, des mots sincères quand elle évoque les ravages de l’alcool, ou intraitables quand elle définit l’engagement politique, sa relation au communisme, des mots secrets quand elle convoque la mémoire de la mère et des hommes aimés. Ces témoignages, entretiens radiophoniques et télévisuels réalisés sur une période de vingt ans, révèlent à quel point cette capacité d’indignation et ce désir de résistance qui émanaient de Duras font écho dans la France d’aujourd’hui. 

 

Journée des Voix singulières

dimanche 20 nov. 11h30
durée 1h05 
avec Pass Théâtrales 8 €

Espace Gérard Philipe 
26 rue Gérard Philipe 94120 Fontenay-sous-Bois 
01 71 33 53 35 

RER A ou RER E Val-de-Fontenay + BUS 118 
METRO 1 Château de Vincennes + BUS 118

 

mise en scène et interprétation Fatima Soualhia-Manet et Christophe Casamance
scénographie Ludovic Billy
création vidéo Fatima Soualhia-Manet
création sonore Thomas Matalou
lumières Flore Marvaud
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coproductions Libre parole compagnie et le Théâtre de Belleville
remerciements à Gilles Nicolas et à La Générale
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crédits photos Danica Bijeljac 

SUR LA PAGE WIKIPÉDIA DE MICHEL DRUCKER IL EST ÉCRIT QUE CE DERNIER EST NÉ UN DOUZE SEPTEMBRE À VIRE 
d'Anthony Poupard 

C’est l’histoire d’un comédien, loin des grandes scènes, des studios-cinéma et des plateaux-télé. Il fait du théâtre dans le bocage normand, dans des cours d’école secouées par le vent, auprès de collégiens qui font courageusement ce qu’ils peuvent pour jouer l’histoire revisitée de Thésée. Il se heurte à la désinvolture ignorante de certains élus, à la suffisance de quelques décideurs professionnels. Il court partout, convaincu que le théâtre délivre, invente d’autres perspectives, s’adresse au plus grand nombre, à tous. Il sait qu’il ne s’assiéra jamais sur le divan de Michel Drucker, dont rêve pour lui comme une consécration son grand-père, son papou qui meurt du même cancer que celui qu’ont connu les ouvriers, dans cette ancienne vallée industrielle pourrie par l’amiante. Car il s’agit bien ici de cette constante interpénétration de la vie dans ce métier- là, en quête d’histoires d’hommes racontées par des hommes, pour d’autres hommes, et qui ne peut se priver de l’expérience réelle de ceux qui ont décidé de s’y consacrer.

 

Journée des Voix singulières

dimanche 20 nov. 14h30
durée 1h25 
avec Pass Théâtrales 8 € 

Espace Gérard Philipe
26 rue Gérard Philipe 94120 Fontenay-sous-Bois 
01 71 33 53 35 

RER A OU RER E Val-de-Fontenay + BUS 118 
MÉTRO 1 Château de Vincennes + BUS 118 

texte, mise en scène et jeu Anthony Poupard
sous le regard complice de Pauline Sales
son Jean-François Renet
lumières Mickaël Pruneau
construction décor les ateliers du Préau
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production le Préau Centre dramatique de Normandie — Vire
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crédits photos Tristan Jeanne-Valès 

RE-NÉ QU’EST-CE QUI TE FAIT VIVRE ? 
de Laurence Vielle

“Qu’est-ce qui me fait vivre ? Je n’ai pas de réponse à ça. J’ai la réponse à qu’est-ce qui me fait mourir. Je peux pas faire ça à la femme qui m’a élevée. Je peux pas faire ça à mes enfants. C’est un peu en vrac mais au final, ce sont des raisons qui m’empêchent de mourir.” Ainsi s’exprime l’une des malades de la Chartreuse de Dijon, ce radeau au milieu d’un grand parc entouré de pavillons.
Pendant plusieurs mois, Laurence Vielle, accompagnée du musicien Bertrand Binet et de la peintre Eva Grüber, a investi la cafétéria de l’hôpital. Ils ont mis en poème, en chanson, en image les voix de ceux qui vivent un temps plus ou moins long, là-bas, passagers bousculés par les tempêtes de la vie, promeneurs égarés sur des chemins buissonniers dont la beauté explose à chacun de leur détour. Ce sont les héros de ce spectacle. Ils en ont l’étoffe, la splendeur simple, épique, douloureuse et inouïe. La frontière entre pathologique et normalité apparaît en pointillé, tant ces personnes, vraies et belles, emportées dans leur dérive, montrent à quel point notre humanité réside dans la profondeur et la force paradoxale de notre fragilité. 

 

Journée des Voix singulières 

dimanche 20 nov. 17h30
durée 1h 
avec Pass Théâtrales 8 € 

Espace Gérard Philipe 
26 rue Gérard Philipe 94120 Fontenay-sous-Bois 
01 71 33 53 35 

RER A OU RER E Val-de-Fontenay + BUS 118 
MÉTRO 1 Château de Vincennes + BUS 118

 

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textes et jeu Laurence Vielle
musique, guitares et voix Bertrand Binet
peintures Eva Grüber-Lloret
accompagnement artistique Hélène Ninerola et Alain Vasseur
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Production déléguée Compagnie Carcara (Conventionnée DRAC et Région Île-de-France)
coproductions STOC ! asbl / Compagnie Carcara / Itinéraires Singuliers
avec les soutiens du Ministère de la Culture — DRAC Bourgogne / du Ministère de la Santé — ARS Bourgogne / du Conseil régional de Bourgogne / de la Ville de Dijon / du Centre Hospitalier La Chartreuse de Dijon / de l’Association hospitalière de Champmol / de l’Agence WBI / du Fonds d’aide à la création radiophonique “appel à projets du côté des ondes” / et du théâtre l’Atheneum de Dijon
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crédits photos Vincent Arbelet 

LE DISCOURS AUX ANIMAUX 
de Valère Novarina

Un homme marche dans un cimetière. Il lit les inscriptions et s’adresse aux animaux. Passant de l’imprécation à la résignation, de l’abandon à la colère, tutoyant Dieu et vouvoyant les choses, marchant à rebours vers le ventre maternel pour revivre la fureur de naître et clamer l’impuissance à exister, la parole de Novarina procède par chutes et envols, par lyrisme empêché, arpentages de rien et épopées comiques : autant de voix que André Marcon tient d’une main, dans le périmètre des tombes imaginaires que son regard instantanément suscite, et dont il égrène les épitaphes. Le monologue est scandé par une apostrophe, “Animaux, animaux”, vouée à ébranler, en chacun de nous, notre statut premier de mammifère. Pourquoi sommes-nous et qui sommes-nous ? L’Homme pourrait s’adresser aussi bien à Dieu qu’aux animaux, et dans les deux cas ces questions resteraient sans réponse. “Ce dont on ne peut parler, c’est cela qu’il faut dire.” L’Homme se trouverait-il sans âme ni logis s’il renonçait à “appeler” et dénombrer ce qui l’entoure ? Sa parole, est-ce au plus profond de cette matière que résideraient sa lumière et son salut ?  

 

Journée des Voix singulières 

dimanche 20 nov. 20h30
durée 50 min. 
avec Pass Théâtrales 8 € 

Espace Gérard Philipe 
26 rue Gérard Philipe 94120 Fontenay-sous-Bois 
01 71 33 53 35 

RER A OU RER E Val-de-Fontenay + BUS 118 
MÉTRO 1 Château de Vincennes + BUS 118 

par André Marcon
Le Discours aux animaux est édité aux éditions P.O.L.
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production, diffusion PLATÔ — Séverine Péan
production déléguée L’Union des contraires
L’Union des contraires est soutenu par Le Ministère de la Culture et de la Communication
coréalisation CICT – Théâtre des Bouffes du Nord
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crédits photos Pascal Victor — ArtcomArt 

 

LE MANAGER,LES DEUX CRAPAUDS ET L’AIR DU TEMPS 
 
de Solenn Jarniou

Quel serait le comble d’un conseiller Pôle emploi ? Être menacé de licenciement s’il ne parvient pas à réintégrer dans le monde du travail ses deux premiers rendez-vous. Le pauvre homme n’est pas au bout de sa déveine : voilà qu’il tombe sur deux chômeurs incongrus. Elle ne cause que l’argot et lui ne s’exprime qu’en alexandrins. Ces deux crapauds-là vont bientôt se trouver en face d’un obsédé du langage basique et de l’efficacité. Ce dernier leur apprend en effet à s’exprimer comme tout le monde, en les soumettant à des exercices. Le premier : savoir dire bonjour. Le deuxième : répondre à la question : comment allez-vous ? Le troisième : que répondre à quelqu’un qui vous dit “je me marie bientôt”. Enfin, il va les inciter à avancer masqués, à manipuler les mots pour s’éloigner de la sincérité, à transformer la vérité lorsque c’est plus prudent, à mentir.
Les deux élèves ont du mal à perdre leurs réflexes. Les trois personnages se lancent alors dans une virevoltante jonglerie verbale qui oscille entre le parler des rues, la poésie classique et la langue banalement utilisée dans la vie quotidienne. Entre eux s’instaure tout un dialogue sur le langage. Mais si les deux chômeurs parviennent à parler la langue de tout le monde pour laquelle ils n’ont aucun don, ne vont-ils pas devenir l’ombre d’eux-mêmes ?
Au-delà de la caricature drolatique, la pièce mesure la barrière à laquelle se heurtent ceux qui ne maîtrisent pas les règles en vigueur et comment ces dernières peuvent être détournées à des fins de manipulations. Elle traite avec élégance de ce rejet systématique de la différence, de ceux qui ne sont pas comme nous, et de la normalisation du langage que l’on impose, entraînant inévitablement avec elle une forme d’uniformisation des esprits. 

 

mardi 22 nov. 20h30
durée 1h
avec Pass Théâtrales 8 € 

Espace Jean Vilar 
1 rue Paul Signac 94110 Arcueil
01 46 15 09 77 

RER B Arcueil-Cachan + 5 min. à pied
BUS 184

mise en scène Solenn Jarniou et Solange Malenfant
avec Solenn Jarniou, Loïc Auffret et Christophe Gravouil
création lumière Yohann Olivier
visuel de l’affiche Le Jardin Graphique – Vincent Menu
construction du décor Atelier du Grand T
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production Plus Plus Productions
coproduction Le Grand T – Théâtre de Loire-Atlantique
partenaires institutionnels Ministère de la Culture et de la Communication — DRAC Pays de la Loire (aide à la production) / Conseil régional des Pays de la Loire / Conseil général de Loire-Atlantique / Ville de Nantes / SPEDIDAM / ADAMI
partenaires professionnels Le Carré – Scène nationale de Château-Gontier / Le Piano’cktail — Bouguenais / Le Piment Familial – Mortagne-sur-Sèvre / Le Grand Lieu – La Chevroliere / Le Carroi – La Fleche
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crédits photos Bilgou 

MA MÈRE M’A FAIT LES POUSSIÈRES 
d’Erwin Mortier 

Dans cet écrit somptueux et simple à la fois, l’écrivain flamand, Erwin Mortier, décrit le processus de dégénérescence de sa mère, atteinte par la maladie d’Alzheimer, et son impact sur l’ensemble de la famille. C’est une succession de fragments, à la fois constat clinique, cri d’amour, adieu et réflexion, où l’auteur décrit la douleur de voir un être aimé perdre lentement son âme, “ma mère, une maison qui s’écroule lentement”. Depuis la première manifestation de la maladie, lorsque celle-ci fut incapable de se rappeler le mot “livre”, l’auteur a consigné tous les moments pour raconter la déperdition qui s’annonçait, défaisant peu à peu la trame d’une vie.
Sur scène deux acteurs : elle, la sœur, l’infirmière, l’amie, et lui, le fils. Il est le pivot par lequel nous parvient toute l’histoire. Il est celui qui observe, décrit, livre son intimité, raconte l’émiettement, l’effritement, le morcellement de l’existence. Philippe Awat, comédien et metteur en scène, est ce messager-là, engageant sur le plateau son expérience personnelle face à cette maladie et alliant, dans une poignante mise en abime, son cheminement à celui de son auteur. Ce sont donc deux mères qui finissent par se confondre, deux créatures toujours plus légères, toujours plus fragiles, en rupture d’équilibre. Peu à peu, avec la disparition du langage, ce sont les êtres de chair qui s’estompent à leur tour.
C’est en définitive le travail de deuil qui est à l’œuvre dans le cœur même de la représentation. C’est alors que chacun de nous, concerné ou pas par cette échappée irréversible de la mémoire, est happé par l’insoluble énigme de l’autre et la question éphémère de son identité. 

 

durée 1h15 

mercredi 23, jeudi 24, vendredi 25,
samedi 26, lundi 28 et mardi 29 nov. 20h30 
 
avec Pass Théâtrales 10 €
Théâtre-Studio 
16 rue Marcelin Berthelot 94140 Alfortville
01 43 76 86 56 

MÉTRO 8 École Vétérinaire + 10 min. à pied (ou bus 103)
BUS 103, 125, 325, 24 

vendredi 9 déc. 20h30 
avec Pass Théâtrales 10 € 
Théâtre Jacques Carat (saison hors les murs)
Le Foyer de Cachan
(entrée public : rue du Loing) 36 avenue du Président Wilson 94230 Cachan
01 45 47 72 41 

RER B Bagneux + 5 min. à pied (ou bus 197)

d’après “Psaumes Balbutiés” d’Erwin Mortier
traduction Marie Hooghe
mise en scène Philippe Awat
dramaturgie, regard extérieur et direction d’acteur Guillaume Barbot
collaboration artistique Magali Pouget
avec Philippe Awat et Pascale Oudot
lumières Nicolas Faucheux
son Victor Belin
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coproductions Compagnie Du Feu Follet / Théâtre de Chelles
avec le soutien des Théâtrales Charles Dullin
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crédits photos joegolby — iStockPhoto 

REVOLT. SHE SAID. REVOLT AGAIN 
d’Alice Birch 

Revolt n’incite pas à parler, n’incite pas à travailler, n’incite pas à se marier ou à se reproduire. Revolt incite à reconsidérer radicalement les relations intimes, professionnelles et politiques dans un monde globalisé.
De façon percutante et non parfois sans humour, la pièce questionne les rapports hommes-femmes et les processus encore possibles pour changer l’ordre établi. Les personnages-acteurs expérimentent des micro-révolutions, où les situations et les rapports de force se retournent sans cesse grâce à la remise en cause du langage.
La première partie de la pièce scrute les aspects quotidiens de la violence sexiste en envisageant des solutions radicales dans la manière de séduire et de faire l’amour. Dans sa seconde moitié, un étrange repas met en scène trois générations de femmes qui analysent l’héritage que leur a légué l’atrocité des hommes. La dernière partie est une tentative de se saisir de l’outil-théâtre pour faire une révolution totale. La scène est bombardée simultanément par les images réductrices en vogue sur la féminité, les danses sexuelles polluant les clips vidéo, la pornographie d’Internet, les harcèlements policiers, les discours iniques sur la présence supposée du viol dans la Nature.
À travers des mots très simples, le théâtre brut et direct d’Alice Birch tape dur contre la société de l’ultra-consommation et du pouvoir masculin.
Jamais pièce n’aura déconstruit avec autant de fureur et de vigueur les rouages de la domination. 

 


jeudi 24 nov. 20h30
durée 1h20
avec Pass Théâtrales 10 € 

Le Théâtre de Rungis
1 place du Général de Gaulle 94150 Rungis
01 45 60 79 00 

TRAMWAY 7 Saarinen + 5 min. à pied
RER C Rungis-La Fraternelle + 15 min. à pied 

Traduction Sarah Vermande
l’Auteur est représenté dans les pays de langue française par l’Agence M&R, Renauld et Richardson, Paris
mise en scène Arnaud Anckaert
avec Mounya Boudiaf, Maxime Guyon, Pauline Jambet, Antoine Lemaire et Benjamin Collier
scénographie Arnaud Anckaert
en collaboration avec Olivier Floury
régie générale Olivier Floury
lumières Anne Vaglio
musique Benjamin Collier
vidéo Juliette Galamez
costumes Alexandra Charles
construction décor Alex Herman
collaboration dramaturgique Leyla-Claire Rabih
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production Le Théâtre du Prisme
coproductions La Comédie de Béthune — CDN Nord Pas-de-Calais / Le Théâtre de Rungis
avec le soutien de la spedidam
accueil en résidence de création Compagnie de l’Oiseau Mouche (Roubaix)
La compagnie Théâtre du Prisme est conventionnée par Le Ministère de la Culture et de la Communication — DRAC du Nord-Pas de Calais — Picardie / Le Conseil Régional Hauts-de-France et soutenue par Le Département du Pas-de-Calais au titre de l’implantation / Le Département du Nord / La Métropole Européenne de Lille / La Ville de Lille / La Ville de Villeneuve d’Ascq
compagnie partenaire de La Comédie de Béthune, CDN Nord Pas-de-Calais Picardie
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crédits photos Bruno Dewaele 

BRAISES 
de Catherine Verlaguet 

Deux sœurs nées en France, dans une famille émigrée du Maghreb et déracinée de son pays, de sa culture d’origine. C’est le jour du mariage de la plus jeune, Leïla, elle se marie selon la tradition avec un homme choisi par les siens, elle fait comme on lui dit, obéissante, résignée, chaste. C’est le jour d’une réapparition, celle de l’aînée, Neïma, mystérieusement en fuite, longtemps on ne sait où, en tout cas loin du foyer familial qui a tenté de la contraindre, la soumettre, sans y parvenir tant sa liberté est entière, inendiguable, inaliénable. Deux sœurs face à face, dans des dimensions temporelles, physiques, mentales, opposées. Seul, peut-être encore, l’amour qu’elles se portent leur permet de s’écouter, se parler, se chercher. Pour Neïma, en jean et t-shirt rouge, ce qui compte c’est de pouvoir aimer l’homme que l’on se choisit soi-même, même si c’est en dehors des chemins tracés par l’éducation, la tradition, la religion. Aimer avec le corps que l’on a et dont on dispose quand et comme on veut, sans attente, sans entraves et sans dogmes, aimer comme “ici” le permet, aimer même s’il faut traverser le rejet terrible de ses parents et de sa fratrie. Pour Leïla, en robe blanche de mariée, presque sacrificielle, il ne faut pas s’affranchir du pouvoir des pères et des frères qui décident pour les filles, ces hommes qui, à travers elles et pour eux, aspirent à l’honneur, la dignité et le respect. Deux sœurs et entre elles, la mère repliée sur ses croyances et son histoire. Elle est assise sur le canapé et son regard semble altéré par une douleur muette. Autour d’elle, s’est noué le drame, celui de Neïma, morte en définitive d’avoir voulu rester elle-même.
Braises est une tragédie en prise directe avec l’actualité, tragédie de l’écartèlement que ressent cruellement une jeune génération prise en étau entre sa culture traditionnelle et la nécessité de s’intégrer à la civilisation occidentale. 

 

vendredi 25 nov. 20h30 
durée 1h
avec Pass Théâtrales 9 € 

(représentation supplémentaire le vendredi 25 nov. à 14h30) 

Espace Culturel André Malraux 
2 place Victor Hugo 94270 Le Kremlin-Bicêtre
01 49 60 69 42 

MÉTRO 7 Kremlin-Bicêtre + 5 min. à pied
BUS 47, 131, 185 ou 323 

(éditions Théâtrales 2014)
mise en scène Philippe Boronad
avec Manon Allouch, Leïla Anis et Aïni Iften
création vidéo Nicolas Helle et Armando Menicacci
création sonore Nicolas Déflache
flûtes enregistrées Leonardo Garcia
scénographie Philippe Maurin
régie générale Vincent Salucci
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coproductions et soutiens Espace Boris Vian — Scène conventionnée des Ulis / La Scène Watteau — Scène conventionnée de Nogent-sur-Marne / ONYX/La Carrière — Scène conventionnée de Saint Herblain / La Tribu (PACA) PôleJeunePublic — Scène conventionnée (Toulon Provence Méditerranée) / Théâtre de Grasse — Scène conventionnée / Scènes & Cinés — Théâtre de l’Olivier à Istres
artefact est conventionnée par la région Île-de-France et le département de l’Essonne avec le soutien de la ville de Saint Herblain / du Conseil départemental du Var / du Fond d’Insertion
pour Jeunes Artistes Dramatiques / de la D.R.A.C. et Région Provence-Alpes-Côte d’Azur / et de l’ADAMI

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crédits photos Francesca Torracchi 

* ce spectacle est également joué
dans le cadre du Festival théatral du Val d’Oise,
le 29 nov. à Corneilles-en-Parisis, le 2 déc. 
à Goussainville,
le 10 déc. à Ermont 

LA COMPAGNIE DES SPECTRES 
d’après Lydie Salvayre 

Un petit salon encombré d’objets kitsch bon marché. Un poste de télévision diffuse “Questions pour un champion”. Face à lui, le masque d’une aïeule desséchée, presque momifiée. C’est Rose, une vieille tapée au caractère trempé, qui cite Épictète et Sophocle quand elle ne ressasse pas ses traumas nés sous l’Occupation allemande. Elle partage ses angoisses et son petit F2 de Créteil avec sa fille de quarante ans, Louisiane, une femme craintive des hommes et elle-même vampirisée par les spectres de sa mère.
Elles n’ont pas payé leur loyer depuis sept mois. Aussi, un jour, un huissier débarque pour dresser l’inventaire de leurs biens. Elles vont alors opposer à ce sale boulot leur histoire, l’histoire d’une famille qui a basculé dans la folie un jour tragique de mars 43. Commencent alors d’incessants allers-retours entre cette année-là et aujourd’hui. Les humiliations, les lettres de délation, la terreur imposée par deux miliciens analphabètes tenant enfin leur revanche sociale sous ce gouvernement de Pétain qui permettait l’ascension éclair des médiocres, enfin le lâche assassinat du frère de la mère...
Pour porter les voix des figures évoquées et assumer les incessantes variations entre grotesque, poésie et émotion, Zabou Breitman maîtrise avec délicatesse et sobriété l’art du multipersonnages, troquant avec virtuosité son costume d’aïeule gouailleuse et toquée pour celui de la fille affable un rien coincée. Dans un monde où les monstres du passé osent se réincarner sous des visages aux discours lénifiants, dans un temps où les adolescents des lycées ignorent tout de Vichy, La Compagnie des spectres vient rappeler salutairement que certains effets de ce régime perdurent et ressurgissent dans la France d’aujourd’hui. 

 

samedi 26 nov. 20h30 
durée 1h30
avec Pass Théâtrales 12 €

Théâtre de Saint-Maur 
20 rue de la Liberté 94100 Saint-Maur
01 48 89 99 10 

RER A Parc de Saint-Maur (sortie place de la Louvière) + 10 min. à pied
BUS 317 

mise en scène et adaptation Zabou Breitman
assistantes à la mise en scène Marjolaine Aizpiri et Diane Derosier
avec Zabou Breitman
décor Jean-Marc Stehlé
assisté de Arielle Chanty
création Lumière André Diot
son Laury Chanty
régie Générale Simon Stehlé
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production déléguée Théâtre Vidy-Lausanne
diffusion Les 2 Bureaux / Prima Donna
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publié par les Éditions du Seuil et par les Éditions Points
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crédits photos Chantal Depagne Palazon 

PÉDAGOGIES DE L’ÉCHEC
 
de Pierre Notte 

Sur un plateau, une sorte de ring, une arène édifiée pour le combat, qui s’incline peu à peu jusqu’à la verticalité, comme s’il cherchait à éjecter les personnages, un homme et une femme s’évertuent à maintenir coûte que coûte leur entreprise debout. Cela pourrait se passer n’importe où, dans une ville où tout serait tombé, suite à un bombardement, un séisme. Ils ne sont donc plus que deux à vouloir perpétuer désespérément et jusqu’à l’absurde les relations de subordination hiérarchique, avec leur lot d’humiliations, tant psychologiques que physiques, au sein d’un établissement en faillite, désormais voué lui aussi à la ruine.
Elle tient son rang de cadre supérieur attachée à ses prérogatives, il reste l’assistant, soumis et aimable. Les petites vexations, les obsessions, les jalousies, les rancœurs persistent absurdement au milieu du désastre. Dans leur angoissante solitude à deux, ils s’accrochent aux bribes de la phraséologie entrepreneuriale comme à des bouées de sauvetage. Sauver son image, sauver sa place au regard de l’autre, c’est tout ce qui leur reste. Mais ce verbiage professionnel tourne court, quand il s’agit de survie. Le corps avec ses besoins naturels, envie d’uriner et attirance sexuelle, les ramène à une plus juste vision de leur situation, cocasse et absurde à la fois.
Ce théâtre autant concret que métaphorique renvoie à l’imminence de la catastrophe si souvent évoquée en ces temps de crise. Autour de cette scène en bascule, symbole d’un monde en chute, et qui s’obstine à répondre à des logiques comptables, on ne peut qu’être amené à réfléchir sur les effondrements économiques de certains de nos pays proches, à ceux qui les tiennent et qui continuent à faire semblant de rien, pendant que des pans entiers du système s’écroulent. 

 

samedi 26 nov. 20h45  
durée 1h30
avec Pass Théâtrales 10 €

Nouvel Espace Culturel Charentonneau 
107 avenue Gambetta 94700 Maisons-Alfort
01 41 79 17 20 

MÉTRO 8 Maisons-Alfort Stade + 7 min. à pied
BUS 107, 217 ou 372 

Bande-annonce Pédagogies de l'échec, de Pierre Notte from Le Pôle Diffusion on Vimeo.

mise en scène, scénographie Alain Timár
assistante mise en scène Lee Fou Messica
assistée de So Hee Han
avec Olivia Côte et Salim Kechiouche
lumière Aron Olah
musique Belá Bartok
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production Les Déchargeurs / Le Pôle Diffusion en accord avec le Théâtre des halles – Cie Alain Timár
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crédits photos iFou pour Le Pôle Media 

MASTER CLASS 

avec Christophe Honoré 

Conscients de la place prépondérante qu’il occupe dans le paysage de la création théâtrale, et obéissant à la ferveur portée à sa manière novatrice d’aborder les œuvres, les Théâtrales Charles Dullin ont proposé à Christophe Honoré d’être le directeur pédagogique de leur Master Class.
Cet évènement est emblématique de l’attention particulière que les Théâtrales accordent à la pédagogie des publics et s’inscrit comme un moment fort des initiatives que la biennale organise en parallèle avec sa programmation officielle. Ouverte à un public discret, cette master class est destinée à une vingtaine de participants amateurs issus des ateliers de pratique théâtrale attachés aux grandes scènes du Val-de-Marne en région parisienne.
“Je parie sur la croyance du spectateur, son incompétence, et non pas sur son goût pour la convention. C’est difficile, parce qu’aujourd’hui la valeur est accordée à ceux qui travaillent le vraisemblable. Ceux qui font des œuvres devant lesquelles on peut s’exclamer : “Ah oui c’est exactement ça !” Comme si on espérait du spectateur qu’il reconnaisse. Moi je suis plus touché quand le spectateur croit. Et pour croire, il faut accepter son incompétence. L’incompétence n’est pas l’ignorance. Elle dit le désir d’une vie inattendue et brutale et belle.” 
– Christophe Honoré 

Né en Bretagne, en 1970, Christophe Honoré commence par écrire des romans pour la jeunesse, à L’École des Loisirs, puis des ouvrages aux Éditions de l’Olivier, dont La Douceur (1999), L’Infamille, Scarborough et Le livre pour enfants (2005). Il collabore à l’écriture de plusieurs scénarios avant de passer à la réalisation en 2002, avec Dix-sept fois Cécile Cassard, puis Ma mère (2004), Dans Paris (2006) et Les Chansons d’amour (2007), en compétition au Festival de Cannes. Il réalise également La Belle Personne (2008) qu’il adapte de La Princesse de Clèves et Non ma fille, tu n’iras pas danser (2009). En 2010, il réalise Homme au bain, sélectionné au Festival de Locarno, avant de tourner Les Bien-Aimés (2011), sélectionné au Festival de Cannes ainsi qu’une adaptation des Métamorphoses d’Ovide (2014). En 2015, il commence le tournage des Malheurs de Sophie qui sort sur les écrans en avril 2016.
Au théâtre, il met en scène trois de ses textes : Les Débutantes (1998), Beautiful Guys (2004) et Dionysos Impuissant (2005) et adapte Angelo, Tyran de Padoue, de Victor Hugo, au Festival d’Avignon en 2009. Ses pièces, La Faculté et Un jeune se tue sont mises en scène par Éric Vigner et Robert Cantarella pour le Festival d’Avignon 2012. La même année il crée Nouveau Roman dans lequel il met sur scène les grandes figures du Nouveau Roman. Plus récemment, Christophe Honoré écrit pour Robert Cantarella Violentes Femmes créé en janvier 2015 au Théâtre des Salins à Martigues. En Octobre 2015, il crée Fin de L’Histoire, autour de l’œuvre de Witold Gombrowicz.
Pour l’opéra, il met en scène les Dialogues des carmélites (2013) de Francis Poulenc et Pelléas et Mélisande de Claude Debussy (2015) à l’Opéra de Lyon, puis Cosi Fan Tutte de Mozart (2016) au festival d’Aix-en-Provence. 

 

samedi 26 nov. 14h à 18h
dimanche 27 nov. 14h à 18h 
entrée libre
réservation obligatoire au bureau des Théâtrales Charles Dullin / contact Élise Godier : 01 48 84 40 53 

Théâtre Paul Eluard
4 avenue de Villeneuve Saint-Georges 94600 Choisy-le-Roi
01 48 90 89 79 

RER C Choisy-le-Roi + 5 min. à pied
BUS 182, 103 ou TVM 

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crédits photos Jean-Louis Fernandez 


 

VERTIGES FRAGMENTS

 

de Nasser Djemaï 

Vertiges Fragments est une pièce de théâtre écrite par Nasser Djemaï, à la suite d’une résidence d’auteur opérée récemment dans le département du Val-de-Marne. Dans le cadre de cette résidence, Nasser Djemaï a rencontré des femmes et des hommes, de l’Office des migrants de Champigny-sur-Marne, pour recueillir leur témoignage sur la thématique de la construction identitaire.
Les Théâtrales lui ont proposé d’écrire et de mettre en scène une pièce de théâtre susceptible d’être jouée hors les murs et d’accompagner le grand format Vertiges que l’auteur créera en janvier 2017 à la MC2 de Grenoble. L’objectif principal est d’aller à la rencontre de personnes qui ne se rendent ni souvent, ni facilement dans les établissements culturels.
Il s’agit d’un objet satellite autour de la pièce principale Vertiges, un format court et itinérant qui se veut accessible à tous, pièce ayant pour axe central les questionnements sur la famille, la religion, le travail. Comment renouer les fils de son identité ? Échapper aux banalités et aux délires fantasmatiques – les siens et ceux de la société – sur ces quartiers aujourd’hui paupérisés qui, il y a cinquante ans, étaient encore des lieux d’espoir et d’avenir ?
Des séquences, qui n’ont pu être développées dans Vertiges, apportent un éclairage nouveau par le prisme de deux personnages, la sœur Mina et le frère Hakim, et approfondissent ainsi les enjeux de la pièce. 

 

Lundi 28 nov. 14h30 et 19h30 
durée 50 min. 
entrée libre / réservation obligatoire au 01 48 80 05 95 

Théâtre Gérard Philipe
54 boulevard du Château 94500 Champigny-sur-Marne
01 48 80 05 95  

RER A Champigny + BUS 208A
RER E Villiers-sur-Marne – Le Plessis-Trévise + BUS 308 

texte et mise en scène Nasser Djemaï
avec Clémence Azincourt et Issam Rachyq-Ahrad
création lumières Renaud Lagier
création sonore Frédéric Minière
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production des Théâtrales Charles Dullin, édition 2016
en coproduction avec la Compagnie Nasser Djemaï et Le Théâtre Gérard Philipe de Champigny-sur-Marne
remerciements à l’Office Municipale des migrants de Champigny-sur-Marne
les Théâtrales Charles Dullin sont subventionnées par le Conseil départemental du Val-de-Marne et le Conseil régional d’Île-de-France et reçoivent le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Île-de-France et de la SACD
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crédits photos Luc Jennepin 

LE QUAT’SOUS

 

d’après Annie Ernaux 

Pour sa troisième mise en scène, Laurence Cordier mêle des extraits de trois romans d’Annie Ernaux, Les Armoires vides, Une femme, La Honte. Ces œuvres témoignent du clivage entre le milieu populaire dans lequel l’écrivaine a passé son enfance et le milieu bourgeois dont celle-ci fait désormais partie. Ces fragments forment une unité en entrant en résonance les uns avec les autres autour d’un personnage central et autobiographique : Denise Lesur.
Brillante étudiante, Denise nous entraîne dans l’univers sensuel du café-épicerie de son enfance rempli de personnages truculents et de plaisirs interdits. Les joies et les peines de sa jeunesse, les troubles de l’adolescence sont revisités à la lumière du choix redoutable qu’elle a dû faire. Car poursuivre ses études, c’est s’éloigner du milieu social dont elle est issue.
C’est surtout autour de la relation torturée de Denise à sa mère que la metteure en scène déploie la douloureuse prise de conscience de cette fracture sociale. Dans l’atmosphère animée du café, trônant au milieu des ouvriers chahuteurs et des clientes avides de ragots, la mère de la fillette fait d’abord figure de modèle. Puis, au fil du temps, l’admiration fait place à la honte. C’est l’adolescence, et la mère ne nomme jamais la sexualité sans la censurer, ne la désigne que pour l’interdire, dans cette phrase emblématique d’un double processus de nomination et de négation : “il ne faut pas toucher ton quat’ sous, tu l’abîmerais...” Denise mesure alors le gouffre qui sépare sa sphère familiale du monde des gens instruits, plus libres, plus émancipés. L’amour ne suffit plus à combler ce vide.
Trois actrices, trois générations, trois corps, trois voix, composent une partition polyphonique, poétique, drôle et touchante, pour donner chair à ce personnage autobiographique qui tente de trouver sa place en déconstruisant l’image maternelle et en échappant aux modes de la domination masculine. Un portrait de femme brûlant de vie et de complexité. 

 

mardi 29 nov. 20h 
durée 1h30
avec Pass Théâtrales 8 € 

Théâtre Paul Eluard 
4 avenue de Villeneuve Saint-Georges 94600 Choisy-le-Roi
01 48 90 89 79 

RER C Choisy-le-Roi + 5 min. à pied
BUS 182, 103 ou TVM 

d’après “Les armoires vides”, “Une femme” et “La honte” d’Annie Ernaux (Éditions Gallimard), avec son aimable autorisation
mise en scène Laurence Cordier (Compagnie La Course Folle)
avec Laurence Roy, Aline Le Berre et Delphine Cogniard
adaptation Laurence Cordier et David D’Aquaro
dramaturgie David D’Aquaro
scénographie Cassandre Boy
regards scénographiques Lisa Navarro
création sonore Nicolas Daussy
création lumières Alix Veillon
costumes Charlotte Merlin
construction décor Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine
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production déléguée Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine
coproductions Compagnie La Course Folle-Tours / Théâtre 
de Choisy-le-Roi — Scène conventionnée pour la diversité linguistique
La compagnie La Course Folle est soutenue par le Ministère de la Culture et de la Communication — DRAC Centre-Val de Loire / la Région Centre-Val de Loire / et la Ville de Tours — Label Rayon Frais.
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crédits photos Julie Blackmon 

RENCONTRE !
De le littérature au théâtre : autour des textes d'Annie Ernaux
Samedi 26 à 16h / Médiathèque Louis Aragon  - Choisy-le-Roi
Pourquoi adapter, pourquoi réécrire ? Laurence Cordier, metteure en scène du Quat'sous et ses comédiennes, vous proposent une immersion dans ce spectacle construit à partir de trois romans d'Annie Ernaux. Découvrez les mots de cette auteure de l’intime, de la féminité, son écriture simple et authentique qui touche au cœur.
Entrée libre, réservation auprès
de la Médiathèque au 01 75 37 60 70

ROUGE DÉCANTÉ

 

d’après le roman de Jeroen Brouwers 

Rouge décanté relate les souvenirs de l’écrivain néerlandais, Jeroen Brouwers, qui, enfant, lors de la Seconde Guerre mondiale, fut enfermé avec sa mère, sa grand-mère et sa sœur dans un camp d’internement japonais. Dans ce texte douloureux et puissant, qui raconte un pan de l’histoire longtemps occulté, l’auteur relate l’horreur de ce qu’il a vu, mais plus encore l’état d’un enfant qui absorbe ce qu’il voit sans comprendre, et les conséquences que cela a sur sa vie d’adulte. Il dépeint comment une part de lui est restée là-bas, dans les camps, brisant sa relation à sa mère puis aux femmes, entravant son accès aux émotions.
Pour transposer ce récit sur scène, le metteur en scène, Guy Cassiers, utilise les ressources du son et de la vidéo, qui viennent amplifier l’émotion et l’humanité des êtres, installant une forme d’intimité et invitant à imaginer ce qu’on ne voit pas. Rouge décanté parvient ainsi à créer sur scène l’espace mental de cet homme, un homme morcelé, démultiplié par les caméras qui le filment au plus près, toile d’araignée dans laquelle il se débat. Il s’agit ici d’entrer physiquement dans sa mémoire, dans sa chambre intérieure. “Je voulais que tout l’espace devienne la personne, que les spectateurs ne soient pas seulement passifs et dans l’écoute d’une autre personne, mais qu’ils entrent vraiment dans la vie de cet homme.” Passant par tous les âges, jouant l’enfant de cinq ans comme l’homme mûr, le comédien Dirk Roofthooft descend profondément, comme en apnée, dans la noirceur et la cruauté humaine. Rien chez lui ne relève de la déclamation et la moindre hésitation creuse son trou. Ses gestes, petits mais nombreux, sont comme un pansement pour l’indicible. Et c’est ainsi qu’imperceptiblement, il occupe la vaste scène sans que jamais ne se perde la fascination que son personnage exerce tout au long de ce voyage bouleversant. 

 

mardi 29 nov. 20h30 
durée 1h40
avec Pass Théâtrales 10 € 

Centre des bords de Marne 
2 rue de la Prairie 94170 Le Perreux-sur-Marne
01 43 24 54 28 

RER A Neuilly-Plaisance + 10 min. à pied
BUS 114

Rouge décanté from Toneelhuis on Vimeo.

adaptation Guy Cassiers, Dirk Roofthooft et Corien Baart
mise en scène Guy Cassiers
avec Dirk Roofthooft
dramaturgie Corien Baart et Erwin Jans
décor, vidéo et lumière Peter Missotten (de Filmfabriek)
réalisation vidéo Arjen Klerkx
décor sonore Diederik De Cock
costumes Katelijne Damen
assistance à la mise en scène Hanneke Wolthof
accessoires Myriam Van Gucht
conseillère à la langue française Coraline Lamaison
traduit du néerlandais par Patrick Grilli
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coproductions Toneelhuis (be) et Ro Theater (nl)
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crédits photos Pan Sok 

WERTHER !

 

d’après “Les Souffrances du jeune Werther” de Goethe  

D’inspiration autobiographique, ce roman épistolaire de Goethe fit scandale, avant de conférer à son auteur ses premières lettres de noblesse et de consacrer la naissance du romantisme allemand.
Werther, jeune peintre sensible, quitte sa ville natale pour s’installer à la campagne. Il se sent apaisé dans l’intimité de la nature et manifeste la hâte de conquérir sa vie. Lors d’un bal champêtre, il rencontre une jeune fille, Charlotte, dévouée à sa mère et à ses frères. Werther est subjugué par ce don de soi et par la beauté de la jeune femme. Mais Charlotte est déjà fiancée à un homme, Albert, absent pour cause de voyage. En dépit de son attirance pour Werther, la jeune femme va respecter sa promesse d’engagement. Confrontées alors à cet amour impossible, les rêveries sentimentales du jeune homme, impuissant face à la tyrannie de ses sentiments, se transforment en sourdes angoisses et idées noires.
Le metteur en scène, Nicolas Stemann, s’empare des Souffrances du jeune Werther pour en faire un show follement irrévérencieux où l’antihéros romantique plonge dans un ego-trip déraisonnable.
Son comédien, Philipp Hochmair, avec une insolence jubilatoire, joue les différents états que traverse cet amour maladif et destructeur. Il devient peu à peu Werther, dans tous les soubresauts de son introspection maniaque, se filmant et communiquant par Internet, au travers de médias actuels. Le roman épistolaire du XVIIIe siècle devient journal vidéo. Les projections défilent comme un road movie dans lequel le héros malheureux se trouve pris au piège de sa propre vanité et de son narcissisme suicidaire.
Mais au-delà d’une performance s’amusant de cette passion dévorante, le spectacle engage à s’interroger sur la possibilité aujourd’hui d’une telle pureté sentimentale face à la montée en puissance de la marchandisation des cœurs et des sentiments. 

 

mercredi 30 nov., jeudi 1, vendredi 2
et samedi 3 déc. 20h 

durée 1h
avec Pass Théâtrales 10 € 

Maison des Arts 
Place Salvador Allende 94000 Créteil
01 45 13 19 19 

MÉTRO 8 Créteil – Préfecture + 5 min. à pied
NAVETTE RETOUR place de la Bastille ou du Châtelet (dans la limite des places disponibles) 

mise en scène Nicolas Stemann
avec Philipp Hochmair
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production et diffusion Théâtre de Vidy
production originale Nicolas Stemann — Philipp Hochmair — Thalia Theater, Hambourg
avec le soutien de Pro Helvetia — Fondation suisse pour la culture
création 1997 en allemand, recréation 2015 en bilingue français et allemand
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crédits photos Samuel Rubio 

NOURRIR L’HUMANITÉ C’EST UN MÉTIER

 

 

création collective

Le monde agricole est frappé de plein fouet par la crise, la mondialisation, les dérives néfastes du marché libéralisé, la mainmise de l’industrie agro-alimentaire, la course à la concurrence... Et dans leurs fermes et leurs étables, les agriculteurs sont esseulés. Avec, en toile de fond, des faillites en cascade, des drames humains et sociaux.
Ce dur métier de la terre se décline bien loin des clichés télévisuels du “Bonheur est dans le pré”, comme le rappellent les deux créateurs de ce théâtre-documentaire, Charles Culot, acteur et fils d’agriculteur, et Valérie Gimenez, qui, du Luxembourg belge à la Lozère, ont récolté des dizaines de témoignages édifiants, investis et sincères. Ainsi, sommes-nous conviés d’abord à une conférence avec présentation du sujet et projections d’interviews filmés dans la cuisine, autour de la table recouverte d’une toile cirée.
Cette table, on la retrouve sur le plateau. Lorsque le noir se fait sur l’écran, les deux jeunes comédiens s’y installent et prennent le relais des témoins. Avec une justesse sidérante, ils deviennent ces couples qui racontent, de manière parfois maladroite mais toujours passionnante, les gens dans ces campagnes, leur vie, leurs difficultés, leurs inquiétudes pour l’avenir. Un changement de voix, de souffle, de position du buste, d’agitation des mains, et voici un autre homme, une autre femme qui abordent avec des exemples simples la qualité de l’alimentation, le gaspillage ambiant, les rapports nord-sud, la politique européenne, la préservation de notre environnement.
C’est toute une classe sociale qui se voit ballottée dans tous les sens, à coups de contrôle d’hygiène, de réglementations exigeantes, de concurrence de plus en plus large et de plus en plus inégalitaire. Écouter ces parcours de vie durs et simples à la fois, c’est réaliser que le monde ne peut pas tourner sans ces travailleurs de la terre. 

 

samedi 3 déc. 19h30  
durée 1h20
avec Pass Théâtrales 6,5 € 
(représentation supplémentaire le samedi 3 déc. à 11h à la Ferme du Saut du Loup de Chevilly-Larue) 

Théâtre Chevilly-Larue André Malraux 
102 avenue du Général de Gaulle 94550 Chevilly-Larue
01 41 80 69 69 

RER B La Croix de Berny + TVM
MÉTRO 7 Porte d’Italie + BUS 131

possibilité de se restaurer sur place (repas-dégustation composé de produits issus de l’agriculture biologique) : repas à 12 €
réservation indispensable avant le lundi 7 nov. au 01 41 80 69 69 

Un week-end politique et citoyen !
dimanche 4 déc. 18h
En écho au spectacle, venez assister à la projection de “Demain”,
film documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent (France, 1h58)

conception, écriture et interprétation Charles Culot et Valérie Gimenez
écriture et mise en scène Alexis Garcia
régie général Jean-Louis Bonmariage
régie son et vidéo Amélie Dubois
conseiller artistique Jos Verbist
assistanat Camille Grange
costume Annabelle Locks
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une production de la Compagnie Art & tça
en coproduction avec le Théâtre National et le Ministère du Développement Durable
a
vec la collaboration du Théâtre Antigone/Courtrai.
avec l’aide du Ministère de la Culture, de la Province de Liège, de la Province du Luxembourg, de la Fédération Wallonie-Bruxelle et de la Loterie Nationale
avec le soutien du Ministère de l’agriculture, de la région Bruxelles-Capitale, de la MWB, de la FGTB Charleroi, de la FUGEA et de WBI
spectacle issu d’un Solo/Carte Blanche de l’ESACT, développé dans le cadre de La Chaufferie – Acte 1 | Incubateur d'entreprises culturelles et créatives

nommé au Prix de la critique 2014 Catégorie "Meilleure découverte"

2ème Prix européen « Communication Innovante » au Pac Award 2014
Prix spécial « climat » au Festival Off d’Avignon 2015
Label d’utilité publique Région Bruxelles capitale 2016

Remerciement à tous les agriculteurs que nous avons rencontrés ainsi qu’à toutes les personnes qui nous ont soutenues et qui nous soutiennent encore.
Remerciement particulier à l’ESACT et à Nathanaël Harcq.
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crédits photos Olivier Laval 

LOIN DE LINDEN

 

de Veronika Mabardi

Tout les oppose. Elles n’ont en commun qu’un petit-fils qui décide justement aujourd’hui de les faire se rencontrer. Eugénie, flamande, était fille du garde-chasse. Avec son accent typé, son tablier fleuri et ses expressions qui le sont tout autant, c’est une terrienne, elle n’a jamais quitté sa région natale. Clairette, francophone et cosmopolite, est la fille du Général de Witte. Elle a parcouru le monde et s’évertue à conserver une allure mondaine, même si la crise boursière a finalement laissé ses parents sur le carreau. Leurs destins se sont croisés autrefois au Château de Linden. Le petit-fils questionne le silence qui règne entre elles depuis un hiver de 1960 et veut comprendre pourquoi ces deux femmes, l’une vis à vis de l’autre, se sont tenues si longtemps dans le silence...
À travers quelques objets aussi banals qu’une Vierge de plâtre ou une poupée, chaque aïeule déballe ce que fut sa vie, sa mentalité, sa culture. Les étapes de l’existence, les réalités du quotidien révèlent deux mondes incompatibles. L’un est habité par une espèce d’abnégation fataliste, l’autre hanté par une certitude assez hautaine.
L’autrice, Veronica Mabardi, a révélé ici l’histoire de sa famille : les deux grands-mères sont les siennes. C’est elle, enfant puis adolescente, qui a ressenti cette impression de manque et de vide, la sensation d’être enfermée dans des moules étanches. “Tu hérites d’un regard et après tu te débrouilles toute ta vie avec.”
Sur fond de recherche identitaire, de rapports complexes entre classes sociales, c’est le portrait à deux faces d’un passé qui fonde le présent. C’est à la fois une histoire intime qui forge les racines d’un homme d’aujourd’hui et une fable réelle sur une Belgique paradoxalement forte de ses deux cultures et écartelée entre elles. 

 

 

samedi 3 déc. 20h30
durée 1h25
avec Pass Théâtrales 13 € 

Théâtre des 2 Rives 
107 rue de Paris 94220 Charenton-le-Pont
01 46 76 67 00 

MÉTRO 8 Charenton-Écoles + 3 min. à pied 

mise en scène Guiseppe Lonobile
avec Valérie Bauchan, Véronique Dumont et Guiseppe Lonobile
régie et création lumière Fabien Laisnez
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création de L’ATIS Théâtre
production lemanège.Mons
en coproduction avec le Rideau de Bruxelles
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le texte est édité aux Éditions Lansman
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crédits photos A. Piemme/AML 

* ce spectacle est également joué
dans le cadre du Festival théatral du Val d’Oise,
le 2 déc. à Pontoise, le 4 déc. à Bouffémont 

 

HA TAHFÉNÉWAI! 

de Sophie Warnant et Romain Vaillant 

Il y a des spectacles qui sont comme des avalanches arrachant nos défenses, dévastant nos retranchements, éventrant nos pâles convictions, et faisant voler en éclats les portes secrètes que nous n’osions ouvrir, de peur d’y trouver le visage douloureux d’un inconnu qui nous ressemble. Ha Tahfénéwai ! est cette descente dans les abîmes de la folie vécue à tombeau ouvert par Sophie Warnant et Romain Vaillant qui à la fois livrent leur colère et, par elle, délivrent ces déracinés de la vie qui ont éparpillé leur esprit et égrainé leurs rêves sur des chemins d’errance et de souffrance absolues.
Les deux artistes ouvrent les yeux sur la silencieuse réalité des traitements psychiatriques, sur ces “fous” que l’on ne saurait voir. Dans nos pays, survivent encore des êtres démunis, nus dans leur chambre de trois mètres sur quatre, sans fenêtre, avec juste une bouche d’aération pour les excréments et plusieurs portes pour permettre aux infirmiers d’entrer ensemble en cas de crise. D’autres sont en pyjama, attachés à un radiateur.
Sophie Warnant et Romain Vaillant se sont imprégnés d’expériences vécues au sein d’établissements psychiatriques pour les transposer, avec une justesse hallucinante, sur le plateau. C’est avec un mimétisme corporel jamais moqueur qu’ils laissent imaginer les démons qui peuplent ces têtes et la douleur que génère l’enfermement mental.
La scène finale verra la comédienne mise à nue de la manière la plus impudique qui soit, fragile, désarmée, les lèvres bâillonnées de glaise, pour dire sa solidarité avec ceux dont elle parle, et revendiquer, pour combattre l’indifférence, sa ressemblance avec ceux et celles qu’elle incarne, dans ce moment où son inconfort suspend toute idée de représentation. 

 

jeudi 8, vendredi 9
et samedi 10 déc. 20h30 

durée 1h15
avec Pass Théâtrales 4 € 

Plateau 31 
31 rue Henri Kleynhoff 94250 Gentilly
01 41 24 27 10 

RER B Gentilly + 2 min. à pied 

conception, écriture, mise en scène et interprétation Sophie Warnant et Romain Vaillant
son Simon Halsberghe
lumière et régie Amélie Dubois
collaboration artistique Léo De Nijs (scénographie) et Raven Ruëll (mise en scène)
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en partenariat avec le Service culturel de la ville de Gentilly
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productions Compagnie Sujet Barré / Festival de Liège / Théâtre National — Bruxelles / Theater Antigone — Kortrijk
avec le soutien de L’ANCRE — Charleroi / La Chaufferie-Acte1 / CAPT La Fédération Wallonie-Bruxelles

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crédits photos Andréa Dainef 

Rencontre - débat avec le collectif des 39
À l’issue de chaque représentation, nous aurons le plaisir d’accueillir des membres du Collectif des 39, pour animer un débat avec le public, autour des questions de la folie, des représentations des maladies mentales, de l’accueil et des soins pratiqués actuellement en France, et de toutes les dérives inquiétantes relatives à l’hospitalité et à l’humain qui se sont développées depuis de nombreuses années.
Le Collectif des 39, créé en décembre 2008, réunit des professionnels de la psychiatrie, des patients et des parents, et soutient une conception humaniste de l’accueil et des soins psychiatriques.

www.collectifpsychiatrie.fr 

 

LES DEUX FRÈRES ET LES LIONS 

d’Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre

Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre et Lisa Pajon jouent deux septuagénaires puants d’arrivisme et pourris par l’argent. Ils nous accueillent dans leur manoir avec petits biscuits, thé, whisky, toute la panoplie du goûter british, mais c’est le vitriol qui entre en scène. Habillés du même survêtement bleu pétrole, les deux frères jumeaux, qui reçoivent en toute décontraction, sont en réalité deux monstres froids et égoïstes au cœur de nos sociétés démocratiques, deux carnassiers avides du système néolibéral qui les a rendus immensément riches. Ces deux immigrés écossais âgés de seize ans dans les années cinquante, installés dans un quartier populaire de Londres, ont su profiter, avec un sens inné de l’opportunisme, de l’industrialisation des Trente Glorieuses et des dérives financières des années ‘80. Partis de rien, humiliés quand ils étaient pauvres, ils ont acheté peu à peu de l’immobilier, des entreprises, jusqu’à bâtir une fortune colossale. Rien ne leur a résisté, même pas les deux lions de l’étendard de la royauté anglaise. Mais, alors qu’ils ont triomphé de tout, installés au large de l’île anglo-normande de Sercq, ils découvrent que ce paradis fiscal, domicile de leur empire, est régi par un droit normand dont la particularité est d’établir un mode successoral privilégiant les fils et ignorant les filles. N’ayant que des héritières, ils risquent de tout perdre. Une histoire à dormir debout, mais qui n’en est pas moins vraie, et l’Europe de la Cour européenne des Droits de l’homme tranchera en faveur des deux milliardaires.
Ce conte, qui permet de traverser plus de cinquante ans d’histoire du capitalisme, ouvre sur des réflexions d’ordre politique, social et philosophique. Le caractère épique du spectacle, alternant jeu dialogué, récit et séquences cinématographiques, est rythmé par la musique originale de Nicolas Delbart.
Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, qui a écrit cette rocambolesque destinée, renouvelle avec une fureur emballante et amusée le genre du théâtre polémique. 

 

vendredi 9 déc. 20h30 
durée 50 min.
avec Pass Théâtrales 8,5 € 

Grange dîmière - Théâtre de Fresnes
Ferme de Cottinville, 41 rue Maurice Ténine 94260 Fresnes
01 49 84 56 91 

RER B Croix de Berny + TVM
RER B Antony + Bus 286 ou 396
METRO 4 Porte d’Orléans + Bus 187

avec la participation de Sophie Poirey, maître de conférences en droit Normand à l’Université de Caen
mise en scène Vincent Debost et Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre
avec Lisa Pajon, Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre et la participation de Christian Nouaux
pianiste Lucrèce Sassella
musiques originales Nicolas Delbart
avec la participation d’Olivier Daviaud
création lumière Sébastien O’kelly
création vidéo Christophe Waksmann
régie lumière Grégory Vanheulle

administration, production Mathieu Hillereau, Les Indépendances
diffusion Florence Bourgeon
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production Théâtre Irruptionnel
coproduction le Forum – Scène conventionnée de Blanc-Mesnil
Avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France – Ministère de la Culture et de la Communication, du Fonds SACD Théâtre, et du Trident – scène nationale de Cherbourg.
Le Théâtre Irruptionnel est associé à la scène nationale du Moulin du Roc de Niort. La compagnie dispose également du dispositif d’aide à la création et à l’éducation artistique et culturelle de la DRAC Nouvelle Aquitaine avec les trois structures Scène de territoire – Théâtre de Bressuire, Les 3T – Théâtres de Châtellerault et le Théâtre de Thouars

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crédits photos Mathieu Hillereau 

TROIS RUPTURES

 

de Rémi De Vos

Cette pièce de Rémi de Vos pourrait être séquencée en trois œuvres autonomes, le texte abordant en effet trois situations qui ébranlent certains fondamentaux de nos sociétés, comme la domination masculine, la question de l’homosexualité et l’avènement de la toute-puissance de l’enfant.
Dans la première partie, il est question d’un repas succulent préparé par la femme, qui tourne mal puisque celle-ci annonce qu’elle veut quitter le conjoint, ne supportant plus la chienne de celui-ci. Il finira par attacher la femme à une chaise et la forcer à ingurgiter de la pâtée pour chien. Dans le second mouvement, l’homme avoue à sa compagne qu’il est tombé amoureux du pompier Steve et que leur couple doit tout faire pour surmonter cette nouvelle situation. Que son mari aime quelqu’un d’autre, qu’il soit devenu homosexuel, ne semble pas l’atterrer, mais qu’il tombe amoureux d’un homme en uniforme, c’est cela qui la désespère. Enfin le troisième fragment évoque le sort de parents qui envisagent de se débarrasser physiquement de leur jeune gamin tyrannique, avant même de songer à leur séparation.
Trois rounds d’un affrontement impitoyable. Le couple se désagrège autour de trois motifs de rupture truculents, des situations quotidiennes et banales à l’origine, mais qui prennent une dimension cruelle et absurde sous la plume acide de Rémi De Vos.
Le public voyeur s’immisce dans la vie de ces ménages en les observant à travers la vitre de leur appartement. Le plateau est sonorisé. Cette vision distanciée, non naturaliste, qu’offre la mise en scène de Othello Vilgard, expose ces personnages saisis sur le vif à une esthétique froide, presque clinique. Le rire reste dans la gorge.
C’est que Trois Ruptures, par sa langue ciselée non digressive et ses personnages pervers et narcissiques qui flirtent avec la mort, est à l’antithèse du boulevard. La pièce transgresse la ligne rouge de la bien-pensance, brise les tabous de l’idéologiquement correct, révèle l’absurdité des postures, des discours dominants et normatifs. 

 

vendredi 9 déc. 20h30 
durée 1h05
avec Pass Théâtrales 9 € 

Espace Culturel André Malraux 
2 place Victor Hugo 94270 Le Kremlin-Bicêtre 
01 49 60 69 42 

MÉTRO 7 Kremlin-Bicêtre + 5 min. à pied
BUS 47, 131, 185 ou 323 

mise en scène, scénographie et son Othello Vilgard
avec Gabriel Dufay et Johanna Nizard
assistante à la mise en scène Louise Loubrieu
lumières Franck Thévenon
costumes Cécile Ponet et Fleur Peyfort
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production Compagnie Solaris
coproductions Les Scènes du Jura – Scène nationale / Château Rouge – Annemasse 
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le texte est publié aux Éditions Actes Sud-Papiers
et a reçu l’aide à la création du Centre National du Théatre (CNT)
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crédits photos Othello Vilgard 

NOBODY

 

d'après les textes de Falk Richter

Nobody, c’est l’histoire de Jean Personne, jeune consultant en restructurations dans l’agence Outsource. Sa voix en off raconte les errements d’une vie saccagée par la brutalité quotidienne d’un monde où l’on pense, calcule et exécute les licenciements massifs de salariés sans le moindre affect. Un système qui broie et rejette les employés les moins performants selon une norme édictée ex nihilo. Celui qui a pris la décision de virer quelqu’un la veille est à son tour mis sur le carreau le lendemain. Un “open space” sans abri, sans retraite, un espace sans faille où tout le monde se surveille et s’évalue dans une ambiance chirurgicale.
En réalité, il n’y a plus de personnes dans le monde de Nobody : la moralité et les sentiments sont évacués. Il n’y a plus que des chiffres, des statistiques, comme les réclame le stagiaire désopilant dont la naïveté révèle la brutalité cynique des comptables. Il n’y a plus que des pantins anémiés et déstructurés, qui se croisent sans se toucher, sinon dans les étreintes furtives et brutales des soirs de beuverie organisés par la boîte. À partir des textes de Falk Richter Sous la glace, Ivresse, le metteur en scène, Cyril Teste, place le spectateur dans la même position que les cobayes dont il observe l’agitation, les soubresauts et les relations. Au-dessus d’une grande baie vitrée, sur toute l’ouverture du plateau, où dans leurs bureaux les hommes et les femmes travaillent, les scènes, qui se déroulent au loin ou dans le hors-champ, sont projetées sur un immense écran. Deux cameramen, présents parmi les comédiens, filment l’histoire en train de se jouer. Le spectacle est un plan-séquence d’une heure trente, véritable prouesse esthétique et technique. La beauté des plans cinématographiques, la fluidité de la mise en scène et l’intelligence scénographique font que le spectateur, captivé, ne différencie plus le théâtre du cinéma. Ces deux langages artistiques superposés nous immergent totalement, comme dans un vivarium, in vitro, au milieu des drames professionnels ou intimes de ces employés modernes.
La musique originale de Nihil Bordures, mixée en temps réel, la précision au millimètre de la mise en scène, la parfaite adéquation entre le propos, sa forme et son interprétation installent les créateurs de Nobody parmi les plus innovants et pertinents de leur génération. 

 

dimanche 11 déc. 15h  
durée 1h30
avec Pass Théâtrales 8 € 


Théâtre Jean Vilar 
1 place Jean Vilar 94400 Vitry-sur-Seine

01 55 53 10 60 
RER C Vitry-sur-Seine + BUS 180
MÉTRO 7 Porte de Choisy + BUS 183
MÉTRO 7 Villejuif – Louis Aragon + BUS 180
MÉTRO 8 Liberté + BUS 180 

traduction Anne Monfort
mise en scène Cyril Teste
avec le collectif d’acteurs La Carte Blanche : Elsa Agnès ou Valentine Alaqui, Fanny Arnulf, Victor Assié, Laurie Barthélémy, Pauline Collin, Florent Dupuis, Katia Ferreira, Mathias Labelle, Quentin Ménard, Sylvère Santin, Morgan Lloyd Sicard, Camille Soulerin, Vincent Steinebach et Rébecca Truffot 
assistante à la mise en scène Marion Pellissier
scénographie Cyril Teste et Julien Boizard
lumières Julien Boizard
chef opérateur Nicolas Doremus
cadreur Christophe Gaultier
montage en direct et régie vidéo Mehdi Toutain-Lopez
musique originale Nihil Bordures
chef opérateur son Thibault Lamy
régies générale, lumière et plateau Guillaume Allory, Simon André ou Julien Boizard
régie son Nihil Bordures et Thibault Lamy 

Construction Ateliers du Théâtre du Nord, Side Up Concept, Julien Boizard, Guillaume Allory
Régie costumes Marion Montel
Coiffures Tony Mayer
Administration, production et diffusion Anaïs Cartier et Florence Bourgeon assistées de Coline Dervieux
Chargée de production pour le Fresnoy Barbara Merlier 
Relations presse Olivier Saksik accompagné de Delphine Menjaud-Podrzycki
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production Collectif MxM
coproductions Collectif La Carte Blanche / Le Printemps des Comédiens / Lux - Scène nationale de Valence / La Comédie de Reims / Le Fresnoy-Studio National des Arts Contemporains / Le Monfort

avec le soutien de l’École Nationale Supérieure d’Art Dramatique de Montpellier Languedoc-Roussillon, / du DICRéAM / du fonds de soutien à la création numérique (SCAN) de la Région Rhône-Alpes / du Goethe Institut / et l’aide de Montpellier Méditerranée Métropole
l’Arche est éditeur et agent théâtral de Falk Richter représenté
traduction Anne Monfort www.arche-editeur.com
les comédiens sont habillés par


Projet issu du Laboratoire Nomade des Arts Scéniques
Le Collectif MxM est artiste associé à Bonlieu Scène Nationale Annecy, à Lux, Scène Nationale de Valence et au Canal, Théâtre Intercommunal du Pays de Redon, en résidence au Centquatre-Paris et soutenu par la Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France - Ministère de la culture et de la communication et la Région Île-de-France. 
Cyril Teste est artiste associé au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Scène Nationale. 
www.collectifmxm.com
www.collectiflacarteblanche.com

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crédits photos Simon Gosselin 

 

Le Pass Théâtrales donne accès à toute la programmation à un tarif préférentiel entre 25% et 70% selon les spectacles.

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